Wildflowers & Wodka : gothique, chaotique et romantique

Nous avons rencontré la réincarnation de l’auteure britannique Mary Shelley (1797-1851) : Loes Van Look de Wildflowers & Wodka. Deux âmes sur la même longueur d’onde qui partagent un même esprit gothique à la fois exubérant et sombre. Leur œuvre créative abrite une part de mystère indéniable, une part de romantisme et un peu d’horreur. La grande différence par rapport à l’auteure britannique, c’est que chez Wildflowers & Wodka, on ne retrouve pas de bouquet à la Frankenstein, mais des bouquets fastueux, avec un programme qui « se veut plus sauvage et plus chaotique que l’œuvre florale de mon sosie », souligne Loes Van Look 2017.

Concept
L’idée de base qui se terre dans le concept de Wildflowers & Wodka est claire : travailler avec des fleurs sauvages et rompre avec le classique et le statique. « Je voulais montrer que les fleurs peuvent aussi être modernes et avoir un facteur “cool”. Mon concept part de là, mais son exécution n’en est encore qu’aux balbutiements », souligne Loes.

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Loes veut tisser le mot et la fleur : « en dehors de mon activité florale, je me consacre aussi à la plume. J’ai toujours écrit de courtes histoires. Et les récits que je vais écrire pour mon site web seront plaisants et faciles à reconnaître. Les thèmes des courts récits varieront fortement, mais l’amour sera bien sûr toujours un acteur important ».

« Sur la base de ces récits, je vais réaliser une collection avec des fleurs. Celles-ci formeront une sorte de lien entre le récit et le travail floral. L’ensemble sera imagé de manière professionnelle. Je vendrai aussi la collection de fleurs (bouquets, compositions florales, couronnes, installations sous cloche, etc.). J’espère que tout sera prêt fin avril afin de pouvoir démarrer ».

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Chaos estompé
« Mes clients disent souvent qu’ils aiment mon “style chaotique”, mais personnellement, je ne décrirais pas mon style comme ça, car quand je me mets au travail, je le fais après mûre réflexion. J’utiliserais donc de préférence le qualificatif “sauvage”. On trouve mon style généralement sombre parce que je travaille souvent, mais pas toujours, avec des fleurs foncées. Il est vrai que les fleurs sombres comme la tulipe noire ou les fleurs pourpres tendant vers le noir sont pour moi extraordinairement belles. Et il est vrai aussi que je m’habille presque toujours en noir. C’est tout simplement le reflet de ma personnalité ».

Vagabond
Loes a un parcours professionnel atypique. « J’ai étudié la mode et la stratégie de marque auprès du Fashion Institute à Amsterdam. Ensuite, j’ai obtenu un master en rédaction à Malines, puis j’ai un peu travaillé. Mon CV est assez particulier (rires). Je suis très active sur les médias sociaux. C’est pour moi un moyen puissant de présenter mes fleurs. Ma passion, ce sont les fleurs, mais j’aime aussi cette expérience des médias sociaux. C’est chouette d’examiner comment allier au mieux mon œuvre et mon concept total, par exemple via mon compte Instagram ».

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Autodidacte
Loes n’a pas suivi de formation classique de fleuriste. « J’ai suivi des cours en ligne, dispensés par un institut de formation américain If I made parce que c’est ce style qui se rapproche le plus de mes préférences. Sur cette plateforme, vous recevez une formation qui vous permet d’acquérir de bonnes techniques de base. Vous apprenez à faire des bouquets sauvages avec des techniques classiques. Concrètement, des professeurs vous expliquent sur la base de films comment faire un certain bouquet. Après la leçon virtuelle, vous recevez un travail pratique à effectuer à domicile et vous êtes jugé sur celui-ci par les professeurs. Le désavantage est bien sûr que le corps enseignant ne vous voit pas au travail. Il ne juge que le résultat final et pas la technique ».

« Je suis en outre autodidacte. J’ai téléchargé beaucoup de petits films sur YouTube afin de découvrir les arcanes de la floristique. J’aimerais bien suivre des cours, mais je n’ai pas trouvé de programme compatible avec mon style. Peut-être devrais-je m’y mettre et me forcer à suivre une formation classique, mais pour le moment, cela ne fait pas partie de mes plans ».

Savoir si la diversité de l’offre de formations en floristique présente des lacunes ? « Sans doute ! On me demande souvent d’organiser des ateliers, mais mon expérience est trop restreinte par rapport à celle de grands fleuristes. Il y a des personnes bien plus aptes que moi pour enseigner des techniques. Dans mes ateliers, je parle plutôt de couleurs et de profondeur. En ce qui concerne la technique, j’explique bien sûr comment faire un bouquet, mais pour apprendre les vraies astuces du métier, vous devez vous tourner vers une personne nettement plus expérimentée ».

Concernant les magasins de fleurs
Et que pense Loes de la survie du magasin de fleurs dans sa forme actuelle ? Pour Loes, « il y aura toujours un public et un besoin pour ce genre de magasin. Je trouve que l’évolution du magasin de fleurs vers un concept plus large est très intéressante. Par exemple, un magasin de fleurs avec un salon de dégustation de café ou de thé. À l’étranger, cela se voit souvent. Mais de manière générale, je pense que même dans ces magasins, il faudra plutôt évoluer vers un concept global afin de permettre aux clients de vivre une expérience tout en passant un moment convivial ».

« La présence des fleuristes sur l’internet et sur les médias sociaux est aussi très intéressante. Je ne soulignerai jamais assez l’importance de belles photos. Veillez à avoir votre propre signature et à trouver votre propre voie de commercialisation ».

Personnellement, Loes n’envisage pas d’ouvrir son propre magasin de fleurs. « Je suis encore indécise. J’ai envie de tenter l’expérience des magasins éphémères. Ça, ça me parle. J’ai moi-même travaillé à temps partiel dans un magasin pendant deux ans. Je préfère styliser avec des fleurs et si je pouvais choisir, j’opterais plutôt pour l’événementiel ».

Évolutions floristiques
Avec ses 26 printemps et son expérience limitée de la floristique, Loes n’est encore qu’une débutante. Il lui est difficile de mentionner des éléments qui l’ont particulièrement marquée dans l’évolution de la floristique. Elle se dit toutefois frappée par cette tendance à se tourner vers des techniques plus écologiques. La durabilité occupe de plus en plus le devant de la scène. « L’art floral revient vers la nature, y compris en ce qui concerne les formes », estime-t-elle. « Le glas de l’hyperstylé a sonné ».

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