L’amour en abondance chez Marie « Poppins »

Au cœur d’Anvers, vous trouverez une charmante boutique de fleurs. Découvrez « Poppins », où le romantisme et la convivialité vont de pair.

Au cœur du centre historique d’Anvers, Marie Pauwels a ouvert son propre magasin de fleurs : Poppins. Par pure coïncidence, elle a eu l’occasion de louer un immeuble classé monument historique qu’elle utilise comme magasin éphémère en attendant sa rénovation. Il ne s’agit pas d’un magasin de fleurs typique. Cela fait deux ans que le magasin est ouvert et le Poppins fait déjà partie des dix endroits incontournables à visiter à Anvers.

Sur la liste des 10 endroits incontournables à Anvers

Le public de Poppins est un mélange de touristes et de clients locaux. Elle a sa clientèle régulière, qui achète un bouquet chaque semaine ou sur une base régulière. Grâce à Instagram, elle touche des gens dans le monde entier, par exemple une Américaine et sa fille qui ont repéré son magasin sur la liste des dix endroits incontournables à visiter à Anvers. Les touristes sont plus enclins à acheter des cartes postales qu’elle fabrique elle-même ou des articles de brocante. On apprend à connaître beaucoup de gens ici.

« Ne venez pas trop tôt », a demandé Marie au téléphone, « parce qu’il me faut du temps pour tout sortir ». Et nous comprenons la raison de sa demande dès notre arrivée devant le magasin. Celui-ci se situe au coin de la Wijngaardstraat et se distingue immédiatement. Les touristes s’amassent curieusement devant les vitrines pour apercevoir un échantillon de toutes ces belles choses qui y sont exposées. De petites « babioles » comme des vases rétro, des abat-jour, des miroirs, de la vaisselle à fleurs, de la verrerie ancienne, des bijoux fantaisie et même une peinture avec une reproduction de Frida Kahlo figurent en bonne place parmi l’assortiment coloré de fleurs. Chez Poppins, tout tourne autour des fleurs, du tissu floral qui habille les chaises anciennes à la tenue vestimentaire de Marie en passant par les proverbes imprimés au mur. « Je suis ce qu’on appelle une obsédée des fleurs. J’aime que tout soit joliment décoré, confortable et vivant. Je ne vends que ce que j’aime voir moi-même ».

Sur le trottoir, on peut voir des meubles peints et colorés comme un canapé rose qui semble très accueillant, une commode, des paniers et un bel assortiment de plantes. La température extérieure est basse et pourtant, on n’a pas froid : c’est ce qu’on appelle l’effet Marie ! Une ambiance chaleureuse et une tasse fumante de tisane aux fruits, tout à fait dans le thème et produite à base d’amandes grillées, de betteraves et de pommes, font le reste.

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Immeuble classé

L’immeuble n’était pas mis en location, mais il était vide depuis six ans. Auparavant, il abritait un restaurant, qui est resté ouvert pendant trente ans. Le bâtiment est classé monument historique et doit être prochainement restauré. Quelqu’un lui a suggéré de le louer pour en faire un magasin éphémère. Marie recherchait depuis un certain temps un petit bien à louer, mais elle ne parvenait pas à se décider : soit que le loyer était trop élevé, soit que le bâtiment se louait à un prix abordable, mais était situé dans une rue non fréquentée. À sa grande surprise, le propriétaire de l’immeuble, Axel Vervoordt, a immédiatement accepté sa proposition et un mois plus tard, il lui remettait la clé.

« Tout est allé très vite, alors que ce n’était pas vraiment mon intention. Je n’avais pas de plan, mais avant même de dire ouf, j’avais mon propre magasin. C’est comme ça que la grande aventure a commencé. Et quelle aventure ! Il y a tant de choses qui vous attendent ! »

Selon Marie, le bâtiment date d’environ 1600. Il se situe sur la plus belle place d’Anvers, dans un quartier raffiné et particulier qui offre de la place pour la culture et l’histoire et où les artistes ont leurs ateliers.

Décor pour un film de Saint-Nicolas

Les réalisateurs du film « Sinterklaas en de wakkere nacht » (2018) avaient également remarqué son magasin. La charmante façade et les vitrines remplies de bibelots de brocante et de gadgets ont parlé à leur imagination. Le réalisateur Stijn Coninx et le scénariste Hugo Matthysen sont tombés sous le charme de sa boutique. Il ne fallait surtout rien changer. Marie a pu conserver la demi-lune au-dessus de la porte d’entrée et l’enseigne « Night Queen » en souvenir du tournage du film. Même les enfants reconnaissent régulièrement son magasin grâce au film.

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L’univers de Marie

La boutique de Marie est très personnelle. Ce que l’on voit est ce que Marie est. C’est comme si on se rendait chez elle. « Je n’ai pas de demi-mesure. Je donne tout et tout de suite. Actuellement, c’est un peu la congestion. J’essaie d’appliquer la théorie du “less is more” (au moins, au mieux), parce que les clients ne savent plus où tourner de la tête lorsqu’ils viennent ici. Ce que je veux surtout, c’est créer un environnement agréable et bien décoré. Mais d’un autre côté, vous avez aussi l’aspect commercial. Vous devez vous assurer que vos ventes sont suffisantes. Cet aspect ne m’intéresse pas tellement, mais je ne peux quand même pas l’ignorer. En fin de compte, il faut faire rentrer de l’argent. »

Évolution

Après deux ans, Marie fait le point avec prudence. Quelle direction faut-il prendre ? Quel public est prêt à la suivre ? Elle s’est rendu compte que ceux qui fréquentent sa boutique sont surtout des touristes qui visitent le centre historique. Il ne s’agit pas vraiment d’un public qui achète. Ils prennent beaucoup de photos et puis s’en vont. Il est vrai que son magasin de fleurs n’est pas typique.

« La boutique de fleurs La Frénésie, à Bruxelles (voir Fleur Magazine 2015), m’a beaucoup inspirée. Comme Caroline Moreau, j’ai voulu créer une ambiance de salon dans ma boutique avec des rideaux et des objets rétro. J’ai toujours pensé que je n’avais pas assez d’argent pour ouvrir mon propre magasin de fleurs. Cela me semblait impossible jusqu’au jour où j’ai découvert cette petite boutique à Bruxelles. Elle m’a énormément inspirée. Même avec peu de ressources, vous pouvez accomplir des merveilles. »

Recherche constante

Marie passe des heures à découvrir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, ce qui se vend bien et ce qui se vend mal. Elle a eu, pendant tout un temps, des créations de tiers qu’elle gardait en consignation, par exemple des bijoux. « Cela n’a pas vraiment fonctionné parce qu’à la longue, mon magasin était saturé d’objets créés par d’autres personnes. La marge bénéficiaire sur ces ventes était aussi beaucoup trop faible. »

Au début, Poppins Bloemen & Verbeelding était ouvert sept jours sur sept. « Ce n’était pas tenable, car je travaille seule. Je dois traverser toute la ville pour acheter et décharger les fleurs. Il faut aussi soigner les fleurs, faire l’étalage, préparer les bouquets, etc. On sous-estime souvent le travail impliqué. Depuis lors, le magasin est ouvert cinq jours par semaine. »

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Stress

Marie a toujours travaillé chez des fleuristes. Elle a commencé sous contrat d’apprentissage à l’âge de quinze ans. « Je n’ai jamais rien fait d’autre et j’ai toujours travaillé chez des fleuristes, mais je ne l’ai jamais regretté. J’y trouve mon bonheur. J’avais ma propre vision et j’avais des difficultés à m’adapter et m’aligner. Travailler dans les fleurs est difficile. Les journées sont longues et il y a des périodes très chargées. Comme je n’ai pas une minute à moi, je ne me rends pas toujours compte que ce que je fais maintenant est en fait ce dont j’ai toujours rêvé. J’ai été embarquée dans l’aventure d’un seul coup. Mon rêve est devenu réalité, mais j’oublie d’en profiter et c’est dommage. »

Brocante

Sa maison était déjà bien remplie avant qu’elle ait son magasin. Fouiner, c’est comme une drogue pour Marie. À présent qu’elle a son magasin, Marie a une raison supplémentaire de s’adonner complètement à sa passion de collectionneuse. Elle fréquente les brocantes et les marchés aux puces, de même que les magasins de seconde main. « Je n’ai pas vraiment de limite et au début j’ai vraiment beaucoup trop acheté. J’en suis un peu revenue aujourd’hui. Au bout d’un certain temps, vous savez mieux ce qui se vend et ce qui ne se vend pas. Le plus difficile pour moi, c’est de fixer le juste prix. Il me manque des conseils dans ce domaine. Mais bon, je le fais à ma façon, avec des hauts et des bas. »

Repeindre à chaque saison

Le mobilier, Marie l’a recherché elle-même dans les magasins de seconde main et les marchés aux puces. Tout est régulièrement repeint en rose, jaune, bleu clair ou vert vif, voire rouge à pois blancs. L’imagination de Marie est débordante. « Chaque saison, je repeins tout. Je le fais parce que je me lasse de tout assez vite et parce que je suis là toute la journée. »

En été, Marie a eu une période blanche. Elle aspirait à une atmosphère dégageant la tranquillité et à des armoires et comptoirs peints en blanc. Chaque mois, elle fait un nouvel étalage parce que les clients veulent être surpris. « Pour moi, il est important de ne pas stagner. Les décors doivent évoluer et ne pas rester figés pendant des années. Avec des ressources limitées, vous pouvez obtenir de grands effets. Il faut cultiver la curiosité des badauds. »

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Bouquets colorés

Sur le plan stylistique, Marie a une préférence pour les bouquets champêtres. Elle adore les bouquets composés de divers types de fleurs aux longueurs et formes variables. « J’aime les mélanges colorés. Les bouquets se composent à l’instinct. La composition de bouquets renferme également un côté méditatif. Chaque jour, j’ai un certain nombre de bouquets prêts à partir de 15 euros. C’est assez excitant parce que tout doit être frais. Mon magasin est ouvert jusqu’au dimanche soir et il est difficile d’estimer ce qu’il me restera. »

Deux fois par semaine, Marie achète des fleurs fraîches chez Agora à Kontich et chez Maxi Flowers, un grossiste turc. Parfois, elle se rend à Tilburg parce que l’offre y est sympa et les prix intéressants. Pour cela, elle doit rouler pendant une heure. Son chiffre d’affaires n’est pas suffisant pour lui permettre de se rendre en voiture aux Pays-Bas chaque semaine. Parfois, elle fait aussi appel à un service de livraison qui vend les fleurs en boîte, mais elle préfère voir à l’avance les fleurs qu’elle achète.

Instagram

« J’adore prendre des photos et j’ai toujours aimé ça. Dans mon atelier, je me lâche complètement. Il est possible que je ne tire pas assez de profit commercial de mes photos d’ambiance. Je poste sur Instagram tous les jours. Parfois, ce sont des choses très personnelles. Je suis juste moi et c’est comme ça que cela marche le mieux. Dernièrement, j’ai fait une expérience. J’ai fait imprimer certaines de mes photos sous forme de cartes postales : la façade de ma boutique, une étagère avec des plantes suspendues ou la photo d’un chat noir. Ce sont les plus populaires. Les touristes achètent de temps à autre une carte postale pour se rappeler de leur visite. »

Marie aimerait faire et vendre plus de choses elle-même. Elle apprend à peindre des fleurs et réalise des peintures et des cartons imprimés de beaux textes. Sur un miroir, on peut lire l’inscription : « Friends are the flowers in the garden of life » (les amis sont les fleurs dans le jardin de la vie).

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Texte | Ingrid Allaerts 

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