Les jeunes fleuristes européens tirent la sonnette d’alarme

Les jeunes fleuristes sont de plus en plus frileux à l’idée d’ouvrir leur propre magasin. Tel est le message que l’on peut retenir de la conférence organisée ce samedi 16 septembre par la European Young Florist Conference à Saint-Trond. Dix jeunes fleuristes venus des quatre coins d’Europe ont discuté, en marge d’Eurofleurs, des problèmes et défis communs qui jonchent leur chemin. La conférence a été riche en enseignements pour les fleuristes expérimentés aussi. Nous vous présentons ci-après les principales conclusions.

 

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  1. Besoin d’être mieux protégé

Sur les dix jeunes venus de Grande-Bretagne, Norvège, Pologne, Allemagne, Pays-Bas et Belgique, la moitié à peine a son propre magasin. Pour les autres, soit que l’entreprise est trop risquée ou que le moment est mal venu, soit qu’il est préférable de miser sur la vente en ligne ou nécessaire d’obtenir une aide. « Aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir reçu une formation florale. La concurrence vient de toutes parts : vente en ligne, commerce de gros, supermarchés, etc., et personne ne vous protège. Il n’est même plus nécessaire d’avoir un diplôme spécifique. Sans compter que certains de nos fournisseurs nous affaiblissent aussi en vendant eux-mêmes au grand public. Il devient très difficile de se distinguer » (Emma d’Écosse).

 

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  1. Une meilleure concentration sur les finances

Encore un autre problème fréquemment entendu : « Il ne suffit plus d’être passionné par les fleurs et les belles créations. Aujourd’hui, le fleuriste doit aussi

s’y connaître en affaires. On met encore trop peu l’accent sur ce point durant la formation. Comment faire un bénéfice ? Comment assurer la rentabilité d’un magasin ? Je ne l’ai appris qu’en suivant un master » (Timo d’Allemagne).
« Il n’y a que s’ils sont suffisamment informés sur les aspects financiers que les jeunes oseront franchir le pas vers l’ouverture de leur propre magasin » (Paula de Pologne).

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  1. Le fleuriste doit être plus audacieux

Selon le jeune panel, ce n’est pas un hasard si le nombre de magasins de fleurs a diminué de 25 % en dix ans. « Nous n’osons pas assez. Nous devons montrer au monde extérieur que nous sommes fiers de nos créations. Nous ne devons pas avoir peur de dire aux clients que nous livrons une qualité supérieure par rapport aux supermarchés, que nos roses sont plus grandes ou qu’elles ont été sélectionnées de manière professionnelle et que nos fleurs dureront plus longtemps ».
« Personne ne fera notre promotion. Nous devons nous vendre nous-mêmes » (Gina d’Angleterre) !
« Cela ne sert à rien de se comparer avec les supermarchés. Les grands magasins ne font que mettre onze roses dans un seau. Nous devons nous distinguer en vantant les mérites de notre approche » (Roxane des Pays-Bas).

 

  1. Embrasser la vente en ligne

Pour la jeune génération de fleuristes, il n’est plus nécessaire d’avoir une boutique physique. « L’Internet est l’idéal pour attirer de nouveaux clients. L’avenir, que vous le vouliez ou pas, c’est un site web bien fait et une boutique en ligne conviviale. Personnellement, je préfère le contact personnel, mais si je ne prends pas le taureau par les cornes, dans cinq ans je devrai peut-être mettre la clé sous le paillasson. Actuellement, les gens achètent même des bouquets de mariée factices sur eBay. Aux fleuristes professionnels d’offrir le contrepoids » (Maria de Norvège) !

 

Conseils aux jeunes fleuristes
  • Vous voulez toucher une clientèle plus jeune ? Soyez actifs sur Instagram et faites un usage intensif du hashtag.
  • Racontez votre propre histoire. Si vous avez des enfants ou des animaux, n’hésitez pas à les mettre en scène lorsque vous photographiez vos compositions. Vous créez ainsi l’empathie.
  • L’originalité sur les médias sociaux est récompensée. Photographiez vos créations florales sur un lieu reconnaissable dans le voisinage, par exemple.
  • Notez le prénom et une caractéristique de chaque client. Lors de la prochaine visite de celui-ci, vous pourrez ainsi l’accueillir par son nom ou son prénom, ce qui intensifiera votre relation.
  • Faites la conversation, assurément avec les personnes plus âgées pour qui vous êtes peut-être encore l’unique contact social.

 

 

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