Le fougueux Cyril met du sang neuf dans l’entreprise familiale 

Cyril, 27ans, a donné un électrochoc à l’entreprise familiale de sa mère. Le mobilier a été complètement rénové et l’assortiment de fleurs, totalement rajeuni. Mayflower devient tout d’un coup un exemple sur les médias sociaux. Mais qui est donc ce jeune fougueux qui a injecté une nouvelle dynamique dans l’entreprise familiale ? 

En périphérie sud de Bruxelles, dans la commune d’Uccle, des quartiers de villas et des rues vallonnées alternent avec le centre de vieux villages. Dans les rues commerçantes très fréquentées, les habitants se précipitent pour faire leurs derniers achats de Noël, cherchant une place de parking sur les places bondées. Au cœur de cet endroit très animé, la magnifique Maison des Arts, aménagée dans l’ancien presbytère d’Uccle, un bâtiment classé du XVIIIe siècle transformé en lieu de rencontre et d’échange, invite à la détente. Le magasin de fleurs Mayflower se dresse un peu plus loin et scintille de mille feux sous les éclairages de Noël. 

Bien que l’activité batte son plein en cette période, Cyril Lowet trouve un peu de temps à nous accorder. 

Bonjour, Cyril. Vous êtes de la région 

« Nous avons toujours eu des commerces dans Bruxelles. Personnellement, j’habite en périphérie. Le magasin Maflower existe depuis 50 ans, mais il n’a pas toujours été au même endroit. Il a déménagé plusieurs fois, toujours sur Uccle. Il y a 20 ans, ma mère a repris l’affaire et cela fait 13 ans maintenant que le magasin se situe rue du Doyenné au Parvis Saint Pierre. Avant cet emplacement, c’est sur le site de la clinique Edith Cavell qu’il se trouvait.  

Quand et comment êtes-vous entré dans laffaire 

« J’ai fait mes premières armes dans le métier il y a huit ans. En fait, je me suis lancé dans cette aventure d’une manière assez atypique. J’ai commencé comme assistant-livreur. Par la suite, on m’a rapidement confié la responsabilité d’acheter les fleurs et les plantes. Peu à peu, j’ai aussi commencé à travailler dans le magasin, mais au départ, je n’étais pas du tout prédestiné à cela. Tout ce que je voulais, c’était de monter à cheval. Je suis né dans les fleurs et elles ne m’ont plus lâché ! » 

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PASSION  

D’où est venu le déclic 

« En fait, j’évolue au milieu des fleurs depuis que je suis né. Ma mère est fleuriste, tout comme mon père et mon beau-père il y a plusieurs années. Toutes ces fleurs faisaient partie intégrante de ma vie sans que j’y prête attention et sans avoir l’intention d’en faire mon métier. Quand j’ai obtenu mon permis de conduire, j’ai commencé à livrer des fleurs pour mon beau-père. C’était mon tout premier emploi. Après mes études commerciales, j’ai constaté que je pouvais apporter quelque chose au magasin. J’ai alors cherché à me rendre le plus utile possible en libérant ma mère des tâches les moins préférées. Je me suis rendu compte que le moins agréable pour elle était de se rendre à la criée pour y acheter les plantes et les fleurs, puis de les ramener au magasin. Petit à petit, j’ai offert mes services. Au fur et à mesure, je suis devenu indispensable aux yeux de ma mère. La fonction d’acheteur m’a toujours fasciné. La vente au cadran est même une passion : j’adore le jeu de l’offre et de la demande, le tic-tac de l’horloge et le coup final au bon moment pour obtenir le meilleur prix et la meilleure qualité ! C’est la partie de mon travail que j’aime le plus et qui m’a fait entrer dans cette profession. Finalement, ma mère m’a totalement confié cette tâche ». 

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LE TOUT PREMIER BOUQUET  

«  Je suis donc devenu bon acheteur et j’ai beaucoup appris sur toutes les variétés de fleurs. Puis, j’en suis venu à la conclusion que, si je voulais encore m’améliorer, je devais aussi évoluer dans le métier. Il fallait que j’apprenne l’ABC de la gestion d’un magasin et les soins à apporter aux fleurs. Cela m’a amené à travailler dans le magasin. Au début, ce n’était bien sûr pas à temps plein. J’ai ouvert les yeux et j’ai appris le plus possible en regardant tout autour de moi. Un jour, j’ai fait mon tout premier bouquet et c’est là que j’ai eu le déclic. J’ai été mordu par le virus. À partir de ce moment, il fallait absolument que j’apprenne le plus vite possible. Les fleurs ont pris une place de plus en plus grande dans ma vie au point qu’aujourd’hui, elles sont devenues ma passion. Quand je commence quelque chose, je me lance à fond et jusqu’au bout. C’est comme ça dans tout ce que je fais. J’ai donc laissé tomber tout le reste et je me suis lancé à 100 % dans le commerce de fleurs ». 

AUTODIDACTE  

Vous avez suivi une formation 

«Jai fait plusieurs études, mais aucune en rapport avec les fleurs. Jai tout appris sur le terrain, grâce à léquipe qui mentourait dans le magasin. Je suis autodidacte et jessaie de tout comprendre par moi-même autant que possible. Quand quelque chose m’interpelle, jessaie de trouver une solution. Jexpérimente pour réaliser lidée que jai en tête» 

a-t-il des fleuristes que vous admirez 

«J’ai de l’admiration pour un grand nombre de fleuristescélèbres ou moins célèbresCe qui m’intéresse chez eux, ce sont leurs créations. Jessaie de m’en inspirer et de m’en imprégner. Je naime pas les compositions compliquées. Je préfère les garder aussi naturelles que possible. Jai toujours admiré les créations de Daniël Ost ou de Thierry Boutemy. Dans toutes les compositions que je vois, il y a des choses qui me plaisent et dautres que je naime pas du tout. Ce sont surtout les techniques et le travail de composition qui mintriguent. Jessaie aussi de maîtriser les techniques moi-même afin de les intégrer dans mes propres idées»

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ÉVOLUTION  

Quand vous rentrez dans la boutique, vous n’avez pas assez de vos deux yeux : un mur fleuri garni d’un vaste assortiment de fleurs coupées, un coin de fleurs séchées, une section réservée aux fleurs artificielles et des articles de décoration provenant principalement d’entreprises belges. Tout est bien disposé pour que le client puisse se promener et regarder. Les grandes vitrines sont renouvelées plusieurs fois par saison. 

Le magasin a-t-il beaucoup changé depuis votre arrivée? Y avez-vous apposé votre cachet personnel 

« Beaucoup de choses ont changé depuis que je suis entré dans le magasin. Ma mère a créé un modèle d’entreprise qui fonctionne très bien et qui continue de bien fonctionner et un jour, je reprendrai les rênes. J’ai l’opportunité de moderniser la boutique. Nous parlons beaucoup et nous avons souvent des discussions. Elle m’offre cette chance. Je pense à tout ce qu’elle m’a appris et je tiens compte de sa philosophie. Progressivement, elle me laisse changer les choses. C’est parfois un peu compliqué pour elle de lâcher prise mais elle me fait de plus en plus total confiance. Nous allons y arriver avec succès ». 

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Quels changements avez-vous apportés en premier lieu 

« La première chose que nous avons changée, c’est le style floral. Chaque changement se fait très progressivement. Comme je suis le responsable des achats de fleurs, j’ai changé petit à petit les variétés vendues. Cela nous permet de proposer désormais des bouquets champêtres en plus des bouquets classiques ou structurés d’avant. Nous avons une équipe relativement importante de collaborateurs, ce qui permet de répondre aux désirs de tout type de client. Les bouquets champêtres sont de plus en plus demandés. Nous avons également un bel assortiment de fleurs séchées. Nous avons changé tout le mobilier du magasin afin de pouvoir présenter les fleurs différemment et gagner de la place. Notre équipe se compose de six employés à temps plein et d’un employé à mi-temps. En réorganisant tout, nous avons créé plus d’espace pour travailler plus sereinement. Plusieurs employés peuvent ainsi travailler en même temps derrière le comptoir ou du côté des fleurs. Ma mère me permet d’effectuer ces changements dans le respect de la philosophie de l’entreprise, c’est-à-dire en veillant à toujours disposer d’un large éventail d’articles, tant courants que d’exception, comme par exemple une nouvelle collection de vases en verre soufflé ou des bougies parfumées d’exception. Chaque visiteur même occasionnel devrait ainsi trouver son bonheur ici ». 

MÉDIAS SOCIAUX  

La clientèle a-t-elle aussi changé depuis votre arrivée 

« Il est possible qu’aujourd’hui nous attirions une clientèle un peu plus jeune, mais nous avons toujours eu une clientèle très diversifiée. Nous transformons notre magasin pour attirer encore plus de clients en plus de ceux qui venaient déjà chez nous. La demande en fleurs séchées est en augmentation, ce qui est en partie dû au battage publicitaire sur les médias sociaux. Nous avons également une forte demande en fleurs artificielles. C’est un produit que nous avons toujours suivi et qui répond à un autre comportement d’achat. Les personnes qui achètent des fleurs artificielles le font pour se faire plaisir, pour la décoration mais plus rarement pour les offrir en cadeau ». 

« Les médias sociaux sont indispensables pour moi. Dès mes débuts dans le magasin de fleurs, j’ai créé un profil sur Facebook et Instagram. Je me suis vite rendu compte qu’il était très important de communiquer. Il s’agit surtout d’une façon de montrer notre identité aux personnes qui font des recherches sur internet. Je m’occupe moi-même de tous les réseaux sociaux et je n’ai engagé personne pour le faire à ma place. Je suis seul à assurer le suivi de toue la communication. On ne voit que mon visage et je suis le nouveau visage de Mayflower. C’est comme cela que l’on crée une certaine image sur les médias sociaux. La rotation que nous avons mise en place ici fonctionne très bien. De cette façon, nous pouvons attirer de nouveaux clients, nous pouvons donner des idées aux gens, mais l’objectif le plus important est de montrer qui nous sommes. Les nouveaux clients sont encore principalement attirés par le bouche-à-oreille et par l’emplacement du magasin ». 

Avez-vous une boutique en ligne 

« Nous y travaillons encore. Une boutique en ligne nécessite une organisation différente. C’est également assez coûteux. Nous y travaillons petit à petit, mais jusquà présent, notre magasin physique reste notre plus grand atout. Le secteur des fleurs nest pas le plus facile, mais il est très amusant. Je suis heureux de mêtre retrouvé dans ce secteur après tout. Je suis heureux du chemin parcouru jusquà présent et des projets que jai réalisés »


CARTE D’IDENTITÉ 

Magasin de fleursMayflower, rue du Doyenné112, 1180 Uccle  

Nom: Cyril Lowet  

Âge27ans  

Hobbies 

« Mes hobbies changent régulièrement. Ce sont en réalité des phases. En ce moment, cest la photographie et plus précisément la photographie de paysage. Le week-end, jaime bien me promener en voiture. Jaime les 4×4. Jaime aussi beaucoup les animaux » 

Fleur préférée 

« Cest une question difficile. En fait, je nai pas de fleur préférée. Jaime ce qu’on peut en faire. Il est difficile den choisir une, car cela change tout le temps avec moi » 

Saison préférée 

« Jaime la transition entre lété et lautomne. Cest la période la plus intéressante pour acheter des variétés un peu plus particulières, car il y a beaucoup de choix et les prix baissent un peu. Jaime les bouquets colorés et je recherche des couleurs spéciales et plutôt rares »


Texte : Ingrid Allaerts 

Photographie : Joris Luyten 

 

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