Concept store – Comment surmonter le ‘Monday Blues’

Un lundi midi particulièrement maussade, voire réellement épouvantable, deux collègues ont décidé d’unir leurs forces et de poursuivre leur rêve de fleurs. Dorénavant, armé d’un bouquet de fleurs, le duo dynamique, composé de Nancy Reijnders et de Joni Vandewalle, partira en guerre, une fois par mois, contre le blues du lundi. Bloe Monday est né ! Sus au Monday Blues !

Le tout nouveau concept a connu un démarrage en flèche. Après deux mois seulement, il était vanté par différents magazines de lifestyle belges et sa croissance a dépassé toutes les espérances des deux. Pour les entrepreneuses, le blues du lundi matin fait désormais partie du passé : ensemble, elles vont de porte en porte avec leurs bouquets qui remontent le moral.

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Concept
Joni : « Bloe Monday est né l’été dernier. À Anvers, le 15 août, c’est la fête des Mères. Nous avons profité de l’occasion pour tester notre projet. Nous avons encouragé nos amis à commander leur bouquet de fête des Mères chez nous. Le but était de nous permettre de voir si nous pouvions faire face au volume, si nous parviendrions à tout terminer à temps et si le courant passait parfaitement entre nous ».

Nancy : « Et ce fut le cas. Aujourd’hui, chaque premier lundi du mois, nous faisons la tournée et nous livrons des bouquets sur commande. Cela nous permet d’apprendre à connaître du monde. Nous louons également nos services lors d’événements et de fêtes, et les autres jours, nous assurons bien entendu aussi un service de livraison à domicile de plus gros bouquets ».

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Joni : « Actuellement, nous travaillons à partir de l’atelier graphique de Nancy, mais dès que nous aurons plus de fonds, nous nous mettrons à la recherche d’un chouette point de chute ».

Nancy : « Pour le moment, nous assurons la distribution de nos bouquets nous-mêmes : moi en voiture et Joni, à vélo. C’est toute une expédition (rires) ! Nous nous lançons très prudemment dans l’aventure » !

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Maison & Objet

Nancy : « Le salon Maison & Objet a été notre première grosse mission. Cette année-ci, nous avons eu l’occasion d’avoir notre propre stand. Nous nous sommes rendues à Paris avec une camionnette pleine de fleurs et nous avons conçu notre stand de A à Z ».

Joni : « C’était une chouette aventure. Et l’enthousiasme des visiteurs nous a vraiment encouragées. Ils ne cessaient de photographier nos bouquets. Finalement, ils ont fait plus de photos de nos fleurs que des fauteuils (rires) ! Vous voyez ainsi l’impact que des fleurs peuvent avoir. En un tournemain, elles vous permettent de créer un autre environnement. Personnellement, je n’aimerais pas habiter dans une maison sans fleurs » !


Autodictactes
Nancy : « Nous n’avons pas suivi de formation classique en fleuristerie. Personnellement, je suis un cours en ligne chaque semaine sur la plateforme “If I made”. Cela a représenté tout un investissement, mais vous y apprenez bien toutes les techniques, tant classiques que modernes. Je comprends que les consommateurs et les fleuristes peuvent être sceptiques, mais croyez-moi, nous savons très bien de quoi nous nous occupons. Nous connaissons nos fleurs. C’est sciemment que nous avons fait ce choix ».

Joni : (intervient) « Il ne s’agit pas de faire les choses à la légère pour le plaisir de faire quelque chose. Bien au contraire ! Nous avons beaucoup appris sur le terrain et nous nous efforçons d’être précises dans nos préparatifs ».

Nancy : « Par ailleurs, nous avons toutes les deux un job très visuel à côté de la fleuristerie. Je suis graphiste et je travaille sous statut d’indépendante tant pour des magazines que pour des catalogues. Cet aspect visuel est certainement un atout ».

Joni : « Je suis journaliste et je possède également un master en études cinématographiques et audiovisuelles. Ces derniers temps, j’écris un peu moins. Je m’occupe principalement de styling et de production. Je suis ce qu’on peut appeler une “slashie” (rires). Cette expérience me sert bien lors de la composition d’un bouquet ».

Nancy : « Nous aspirions l’une et l’autre à faire quelque chose de différent. Nous avons passé beaucoup de temps derrière un bureau et nous voulions faire quelque chose de nos mains ».

Style
Leur style est un méli-mélo. Du moins, c’est leur conception. Joni jongle avec la couleur — « Mes bouquets doivent toujours avoir une fleur jaune ! » —, tandis que Nancy préfère le ton sur ton.

Joni : « En réalité, c’est un avantage de ne pas avoir de formation classique. Nous réagissons essentiellement en fonction de la forme et de la couleur d’une fleur. Et nous devons également pouvoir inclure dans chaque bouquet une fleur rare (rires). Nous voulons surprendre avec nos combinaisons ! »

Et plus tard ?
Joni : « Il n’entre ni dans nos intentions ni dans notre ambition d’ouvrir notre propre magasin. Par contre, nous ne sommes pas opposées à tenir un store-in-store temporaire ».

Nancy : « Le plus gros reproche, c’est la difficulté à prévoir le taux de fréquentation, alors que vous devez toujours avoir un grand stock de fleurs à disposition. Votre client doit, en effet, pouvoir choisir. En conséquence, un fleuriste doit très souvent jeter. C’est une hérésie quand on connaît le coût des fleurs ».

Joni : « C’est pour cette raison que ne rachetons que ce que nous avons vendu. C’est pour nous la garantie que nos fleurs sont toujours fraîches ».

Savoir si le magasin de fleurs dans sa formule actuelle continuera d’exister ? Les dames sont sceptiques.

Joni : « Je ne pense pas que le magasin de fleurs peut survivre dans sa forme classique. Les magasins qui proposent des créations spéciales, tel Baltimore, ici à Anvers, continueront certainement d’exister, de même que les véritables artistes floraux. Je suis convaincue qu’il faut continuer à travailler sur commande. Le personnel, le loyer, les fleurs… tous ces postes coûtent cher. Si vous ouvrez moins souvent votre magasin, mais offrez la possibilité de travailler sur commande, je pense que votre affaire peut être plus rentable ».

Nancy : « J’espère que les magasins de fleurs continueront d’exister, mais ils doivent adopter une nouvelle formule. Les fleurs auront toujours leur place dans nos livings, mais elles doivent être proposées au consommateur différemment. Les fleuristes doivent apprendre à être plus présents sur les médias sociaux. Il est vital qu’ils se profilent de manière créative sur l’internet. Je comprends que les fleuristes soient énervés par toutes ces publications Instagram, mais si c’est ce qui convient au public, il faut l’accepter. Les commerces mixtes tels qu’un magasin de fleurs et un salon de dégustation, par exemple, sont la formule d’avenir. Le consommateur en est en effet très friand ».

 

 

 

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