Jetez un coup d’œil au magasin de Stefan Van Berlo

Le fleuriste Stefan Van Berlo, du magasin Bloem-Illusie à Zwijndrecht près d’Anvers (B), revient du Chelsea Flower Show. Malgré l’enchaînement de longues journées et de courtes nuits, on ne distingue quasiment aucun signe de fatigue chez Stefan. Le soleil brille. C’est un temps à s’asseoir à une terrasse, clame-t-il. Il n’y a pas de meilleur endroit que la propre terrasse de Stefan avec vue sur son jardin fleuri et sa mini-ferme pour se poser et interviewer le fleuriste.

STAGES ET EXPÉRIENCES

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Stefan a étudié l’horticulture à Saint-Nicolas. Il a surtout aimé les cours d’art floral. Il a ensuite effectué un premier stage chez une fleuriste renommée, ancienne médaillée d’argent au championnat de Belgique. Elle travaillait avec une équipe jeune. Dès le premier jour, il a été jeté dans la fosse aux lions parce qu’il a dû faire sans attendre une composition florale.

« Les premières minutes, j’ai crié “au secours !”, mais en fait cela a été ma chance. Nombreux sont les maîtres de stage qui ne vous confient que l’entretien des fleurs et le nettoyage des vases, surtout au cours de la première année. Ma maîtresse de stage, elle, m’a laissé faire et a vu que j’étais fasciné et motivé. Chaque année, j’ai délibérément choisi un stage différent parce que je voulais prendre quelque chose partout. J’ai toujours été chanceux avec mes stages ».

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Avant d’obtenir ce stage à Nieuwkerken-Waas, il a dû frapper à dix portes. « La propriétaire

avait eu tellement de mauvaises expériences qu’elle ne voulait plus personne. Mais moi, j’étais entêté. C’est ce magasin que j’avais choisi et finalement elle a cédé. Donnez-moi un défi et je le relève. Lors de ce stage, j’ai dû nettoyer des vases et des fleurs standard. Cela devait être presque parfait. C’était bon de l’apprendre là-bas. Plus tard, j’ai également été autorisé à faire d’autres choses, plus importantes. »

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Au cours de ses études et de ses stages, Stefan Van Berlo a fait connaissance avec l’événement d’art floral à Alden Biesen grâce à un professeur enthousiaste. Il a ainsi eu l’occasion de participer aux concours réservés aux étudiants et le succès a été au rendez-vous. Il a remporté plusieurs prix. En 2010, il a remporté le championnat belge. Parce qu’il voulait se consacrer entièrement à l’art floral, Stefan a suivi une septième année de spécialisation à Malines qui l’a amené à faire un nouveau stage. Cette fois-là, il a choisi un magasin moderne et commercial. Là, il a appris à s’occuper d’un magasin. Parfois, il était livré à lui-même le week-end. Les différents stages effectués durant son apprentissage lui ont permis d’acquérir une compétence différente à chaque fois, affûtant son désir d’avoir son propre magasin ; un choix, qu’après coup, il ne ferait plus à un âge aussi jeune.

 

VOYAGES FRÉQUENTS

Son premier magasin, il l’a ouvert à l’âge de 21 ans dans son propre village, Vrasene. Ensuite, il a déménagé vers un local plus grand qu’il louait dans le village de Zwijndrecht. Plus tard, il a eu l’opportunité d’acheter et de rénover un immeuble à Zwijndrecht, où il vit et travaille depuis 2011. Stefan est encore jeune. Son parcours n’a pas toujours été rose. « On ne peut pas dire que ma vie est ennuyeuse, que ce soit en bien ou en mal », dit Stefan en riant.

« Pour moi, exploiter un magasin, cela ne me suffit pas. J’ai besoin de m’envoler de temps à autre. Voilà pourquoi j’aime faire des projets à l’étranger et j’aime enseigner. Mettez-moi sur un podium et je vais m’éclater. Si vous n’êtes pas passionné par cette profession, vous ne pouvez pas la garder. Il y a des moments difficiles. Dans ces cas-là, je me rends dans le jardin et je découvre l’une ou l’autre fleur. Je suis alors aussi heureux qu’un petit enfant. J’ai besoin du magasin pour vivre, mais il n’est pas ma plus grande passion. »

CONCEPT DE MAGASIN

Il y a bien réfléchi et l’a pensé différemment. « La première idée qui m’est venue à l’esprit est que les gens doivent sentir qu’ils n’entrent pas dans un magasin classique, mais bien dans un environnement créatif. Mais, cela peut aussi être un obstacle, car celui qui entre dans le magasin pense que vous ne travaillez qu’avec la classe supérieure. Or, vous trouvez quelque ici chose pour tous les budgets. Vous trouverez rarement un Biedermeier ici. Je pars du principe que vous venez dans un magasin de fleurs précisément pour ce quelque chose en plus. « Pour le moment, le magasin est décoré d’une manière sobre dans une palette de blancs avec des touches de doré ». Stefan déménage régulièrement les étagères et change tout le magasin.

 

TENDANCES COMMERCIALES

Stefan Van Berlo est surpris que les autres le voient comme un lanceur de tendance. Lorsqu’il est question de tendance, il est convaincu d’une chose : la popularité de la tendance « Bloomon » (bouquets champêtres à commander en ligne), il ne la comprend pas.

« Je n’ai rien contre les bouquets à base de fleurs des champs, mais allez alors chez un fleuriste et demandez un beau bouquet lié avec un bel épi de maïs dissimulé. En Allemagne, ils sont maîtres dans la fabrication de ces bouquets. Ils sont réalisés à la perfection sur le plan technique et créatif. Dans le monde artistique, de nombreux fleuristes ont du mal à résister. Il est difficile de concurrencer cette tendance en tant que fleuriste. »

Un autre élément qu’il déteste, c’est Pinterest. « Les gens pensent qu’ils peuvent tout trouver sur Pinterest, par exemple s’ils veulent se marier. Le résultat, c’est que tout le monde se retrouve avec le même bouquet de mariée. Si on veut commander chez moi un bouquet de mariée, je demande une photo de la robe, des bijoux portés, du maquillage lumineux ou non, etc. Tous ces détails sont importants et je tente de les intégrer dans le bouquet de la mariée. Ce grand jour dans la vie d’un couple, tout doit être parfait, je pense. Je ne parviens pas toujours à imposer mes idées, mais j’ai appris à prendre mes distances. Après tout, ce n’est pas mon mariage. Lorsque j’organise des présentations, je suis capable de tout donner et je reçois beaucoup de reconnaissance en retour ».

INSPIRATION

Des personnes d’ici et d’ailleurs viennent suivre ses ateliers. Il doit donc avoir une bonne dose d’inspiration. « L’inspiration peut venir de n’importe où. La musique est souvent une source d’inspiration pour moi. J’ai deux tourne-disques et une collection de vinyles, allant d’Édith Piaf à de la musique de danse. Parfois, un air reste dans ma tête et alors, c’est parti. C’est particulièrement inspirant pour mes défilés. L’inspiration me vient aussi spontanément lorsque je me promène en forêt. Je trouve une branche un peu particulière et hop… directement, je peux en faire quelque chose de sympa. Mais les bâtiments, l’architecture peuvent aussi m’inspirer. Je sors et j’ouvre les yeux. Dès que le soleil brille, je dois sortir et marcher avec mon chien. »

 

L’ARCHE DE STEFAN

Stefan est un véritable amoureux des animaux. Dans le couloir, un lapin géant semble immobile à travers la fenêtre. Pendant un moment, j’ai pensé que c’était une copie empaillée. Fons le lapin, un géant allemand, lui a été offert en cadeau par un ami. Il n’est toutefois pas parvenu à le transformer en lapin domestique. Dans le couloir, il est en sécurité parce qu’il n’y a pas de câbles à ronger. Le jardin arrière est comme une petite ferme avec un cochon tacheté, des canards, des poulets et un poussin pour le moment.

Flurk le chien reste avec son maître dans le magasin toute la journée. Les jours de fête, il porte un noeud. Des clients viennent spécialement au magasin pour le chien et le gâtent avec des petits gâteaux. En ce moment, Gaston le coq chante fort et semble dire à son maître : « comme d’habitude, tu m’oublies ! ».

Texte : Ingrid Allaerts
Photographie : Joris Luyten

>> bloem-illusie.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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