Jeroen de Ridder a travaillé pendant huit ans pour la famille royale belge

« Pure coïncidence ! » C’est en ces termes que Jeroen de Ridder décrit la façon dont il est entré dans la famille royale belge. En 1999, il a même été autorisé à collaborer à la décoration florale pour le mariage de Philippe et Mathilde, le couple royal actuel. Après cette expérience inoubliable, Jeroen a sciemment pris un autre chemin. Nous le retrouvons dans son fascinant magasin Floral Art dans le Pajottenland en Flandre.

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Le magasin de fleurs de Jeroen de Ridder se situe près du rond-point le long d’une chaussée très fréquentée de Gooik. La porte est ouverte. Il pleut et on entend à l’intérieur le bruit de l’eau battue par les roues des voitures circulant. Tout à fait dans le fond, un grand homme souriant aux yeux espiègles nous attend : c’est Jeroen. Au fil de la conversation, nous découvrons un homme toujours de bonne humeur et un bon parleur : deux valeurs sûres en commerce.

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« Mon magasin, c’est tout mon monde. Tout ce que je trouve intéressant aboutit ici. C’est ma maison et celui qui entre dans mon magasin, vient en réalité chez moi. »

En bon hôte, Jeroen me propose un café et je me sens directement à l’aise dans son monde. Pendant ce temps, il poursuit inlassablement la conversation en parlant de la machine à café qui semble bien capricieuse aujourd’hui.

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Contact avec la nature

D’où vient votre intérêt pour le métier de fleuriste ? « Je suis un homme des bois. Quand j’étais enfant, nous vivions dans une forêt. Ce n’était pas tant les fleurs qui m’attiraient, mais surtout la nature. Je me sentais en contact avec elle. Dès que la température le permettait, nous ouvrions la porte-fenêtre coulissante.
Nous jouions dehors toute la journée et nous ne rentrions que quand il faisait noir. Dans mon magasin, j’ouvre aussi la porte dès que je le peux. Même s’il s’agit d’une vilaine chaussée ici, j’ai besoin de sentir l’air extérieur. J’ai besoin de regarder dehors le matin, ma tasse de café à la main. Le contact avec l’extérieur, avec la nature, est si important. Si je n’avais pas cela, je me sentirais en prison. Je constate souvent ces mêmes traits de caractère chez d’autres fleuristes. »

Château de Laeken

Jeroen a suivi une formation horticole à Anderlecht, puis une spécialisation en cours du soir. Après ses études, il a fait son entrée dans le monde du travail. Tout est arrivé par un concours de circonstances. Jeroen ne recherchait pas du tout un emploi de fleuriste. Un jour, il a vu un poste vacant sur le site de VDAB. Innocemment, il a postulé et peu de temps après, l’occasion lui a été donnée de travailler comme fleuriste pour la famille royale au château de Laeken.

« Comment je me suis retrouvé au château de Laeken ? On m’a déjà posé plusieurs fois cette question. Je vais y répondre très honnêtement. Une pure coïncidence ! J’ai postulé pour le poste. Un peu plus tard, j’ai reçu un coup de fil : “Pouvez-vous venir au château de Laeken ?“ J’ai commencé par rire, car bien sûr ce n’était pas précisé dans la description du poste. Le directeur du domaine m’a reçu. À l’époque, j’avais encore des cheveux longs. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un nouvel appel téléphonique et là, on m’a dit : “Vous pouvez commencer à travailler au château dès demain à condition que vous vous coupiez les cheveux !” Une occasion unique que j’ai saisie à deux mains ! »

 

Mariage de Philippe et Mathilde

« Les budgets sont, pour ainsi dire, illimités à la cour. D’un autre côté, les possibilités sont limitées sur le plan créatif. Vous devez rester dans un schéma classique. Vous êtes soumis à une hiérarchie
composée d’un chef, d’un brigadier et d’un régisseur et inévitablement, cela bride votre créativité et votre liberté artistique ».

En quoi consistait votre travail ? « Les salons officiels étaient décorés par des équipes de cinq à six fleuristes. Chaque équipe avait son terrain bien délimité. Moi, j’étais responsable pour la décoration des salons officiels du prince Philippe à l’époque et de sa fiancée, la princesse Mathilde, par la suite. Un autre collègue travaillait pour la reine Fabiola. »

Le mariage de Philippe et Mathilde a été une expérience particulière.

Bouquet de mariée royal

En 1999, Jeroen a assisté au mariage royal belge de Philippe et Mathilde. Si les budgets sont presque inépuisables, ça peut aller mal. Jeroen l’a expérimenté, lui-même. Il est très prudent avec ses paroles. Tu ne fais pas tous les jours un bouquet de mariée pour la reine. Son chef et son brigadier ont conçu un bouquet de mariée personne ne correspondrait. Ils voulaient tout sortir du placard et avaient opté pour une combinaison folle avec le résultat final un grand bouquet gigantesque qu’une personne seule ne pouvait pas porter, laisser seul jeter dans le public.

“Le lendemain, je ne voulais pas voir le mariage à la télé. Plus tard, je devenais conscient de l’humour de celui-ci. Finalement, je n’étais pas responsable. Ce sont des choses que vous apprenez.”

Anecdotes

Travailler pour la famille royale, c’est quelque chose qui fait rêver. Pour Jeroen, l’aventure a duré huit ans. Nous lui avons demandé de nous raconter quelques situations embarrassantes et anecdotes croustillantes. Jeroen reste cependant discret et professionnel. C’est un impératif lorsque l’on travaille pour la cour.

Vous avez eu des contacts avec le prince Philippe ou la princesse Mathilde ? « Peu. En réalité, je n’ai pas le droit de raconter d’anecdotes. C’est très strict. Vous entrez dans des locaux officiels, comme les bureaux, mais uniquement lorsqu’ils n’y sont pas. Il se peut qu’on arrive trop tôt ou trop tard et qu’on doive alors sortir par la terrasse ». Après beaucoup d’hésitation, Jeroen finit par nous raconter une petite anecdote légère, comme cette fois où il devait encore arroser un grand milieu de table et où l’eau a débordé, formant une grande tache humide au milieu de la nappe, alors que l’arrivée des invités était imminente. Jeroen n’a pas eu d’autre choix que de réparer les dégâts avec un sèche-cheveux.

Le visage de Jeroen en dit long. Bien sûr qu’il a encore beaucoup d’anecdotes juteuses à raconter, mais nous devons jouer aux devinettes. Lui, il ne peut rien dire et même s’il les racontait, elles ne seraient pas publiées.

 

Un mélange d’expériences

Son travail dans la famille royale a été la première grande expérience professionnelle de Jeroen. « Ces huit années passées au château m’ont beaucoup appris. Je venais de quitter l’école et j’étais plongé dans un monde complètement différent. Le week-end, je travaillais souvent chez Ixora Flower Art, le magasin de Nancy Michiels à Wemmel. Nancy a un style particulier que j’aime beaucoup.

Avec elle, j’ai appris la finesse et le raffinement. À Laeken, j’ai appris d’autres choses, comme la réflexion instantanée. À un moment donné, j’ai su que je ne resterais pas à Laeken. J’ai alors commencé à enseigner et j’ai suivi une formation d’enseignant. »

« La fin d’une relation sentimentale a aussi mis brusquement un terme à sept années d’enseignement. Je suis alors parti travailler chez D&M où j’ai commencé à mettre sur
pied des expositions et à styliser des vitrines. J’étais toujours en mouvement. Peu à peu, j’ai eu envie d’avoir mon propre magasin. Toutes ces expériences m’ont nourri. À côté de cela, j’ai aussi regardé ce qui se passait chez l’un ou l’autre fleuriste. Tout l’art consiste à donner au client qui rentre dans le magasin l’impression qu’il entre dans un monde totalement différent, et ce dès qu’il franchit le seuil de porte. »

Un mélange unique

Il considère lui-même son magasin comme un méli-mélo. Pour moi, c’est clair : le magasin, c’est Jeroen ! Son appétit insatiable pour la vie l’amène à rassembler autour de lui tout ce qui lui apparaît intéressant. Ce n’est pas un intérieur de magasin calme avec des articles bien rangés dans des tons et des formes déterminés, mais un magasin où vous allez de découverte en découverte.

Partout où vous regardez, quelque chose retient votre attention. Quelques exemples ? Des sets de table en bambou, des bouddhas authentiques en provenance de Birmanie, des parapluies de Thaïlande, etc. Jeroen aime l’atmosphère asiatique tant qu’elle est authentique et vraie. Fidèle à son ancien employeur, la marque niche D&M est bien représentée dans son magasin avec un bel assortiment de pots et de vases. Plus loin, c’est une collection de bijoux du Danemark et de magnifiques écharpes en laine d’alpaga d’Équateur de la marque Dorien qui attendent le client. Tous ces différents articles forment un beau mélange unique, un peu anarchique, mais si typique de Jeroen.

Malgré les nombreuses vitrines, il fait plutôt sombre dans le magasin. Pour Jeroen, ce n’est pas un problème, car cela permet aux bougies chauffe-plats d’encore mieux s’exprimer. L’assortiment de fleurs coupées est affiché près du comptoir. « Comme ça, je ne dois pas toujours courir », explique Jeroen en plaisantant.

Les panneaux en liège brut et les tentures bleu foncé au motif floral spectaculaire ne sont que quelques éléments qui rendent l’intérieur si personnel. Une partie de l’aire de stationnement devant le magasin est occupée par une belle collection de plantes et de pots de plein air. La cuisine d’extérieur est un superbe article à louer. Jeroen l’a sciemment voulue jolie en se disant que celui qui loue l’appareil aura peut-être aussi envie d’une table de jardin joliment décorée, non ? Et pour cela, le client est évidemment à la bonne adresse chez Jeroen !

 

Texte : Ingrid Allaerts
Photographie : Joris Luyten

 


Nom : Jeroen de Ridder
Date de naissance : 18/5/1977
Magasin : Jeroen de Ridder Floral Art, Gooik (6 ans)
Caractère : Jeroen est toujours de bonne humeur. L’humeur du matin, il ne connaît pas. Jeroen est alerte et a un instinct quasiment sans faille. Il est aussi très têtu et parfois obstiné. « Je crée les besoins et grâce à mon entêtement, j’arrive là où je veux aller. »
Loisirs : « la musique dans tous les genres, du très classique fado au techno lourd. J’adore aussi cuisiner. J’aime aussi bien la cuisine asiatique que la cuisine italienne, tant qu’elle est simple. J’aime visiter les musées parce que l’art est ma passion. Mon magasin, c’est mon bébé, mais aussi mon hobby. »
Fleur préférée : « Je suis fidèle aux roses, mais est-ce ma fleur préférée ? Sans roses dans mon magasin, je me sens tout nu. J’ai la chance de pouvoir en acheter auprès d’un très bon fournisseur. »

 

JEROEN DE RIDDER
FLORAL ART
Edingsesteenweg 111
1755 Gooik (B)
0032 (0)2 309 90 39
www.jeroenderidder.be

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