INTERVIEW & ACTION | L’été de Gregor Lersch

La vedette de cet été, c’est Gregor Lersch, le maître des techniques d’art floral. L’équipe de Fleur s’est entretenue avec l’auteur allemand, qui est l’un des plus grands designers floraux au monde. Offrez-vous sans attendre un cadeau qui vous garantira des heures de plaisir de lecture cet été. Pour toute commande passée avant le 25 juillet, les ouvrages du maître floral seront livrés chez vous gratuitement.

Après avoir traversé la tempête du coronavirus en Allemagne, Gregor Lersch profite, au moment de notre entretien, de vacances salutaires en France. Le maître multimédaillé en techniques d’art floral veut souffler un peu. « J’ai dû convaincre ma femme de faire une pause », confie-t-il. Cela donnera au septuagénaire la possibilité de rassembler ses idées.

« J’avais un emploi du temps bien chargé, avec des ateliers et des missions jusqu’à l’année prochaine, mais ce satané virus a tout fait capoter. J’étais habitué à descendre d’un avion et à monter dans un autre. En mars, j’étais encore à bord du tout dernier avion en provenance du Canada. Depuis lors, tout a été annulé, y compris tous mes vols suivants : vers Francfort, Kiev, Moscou, Naples, etc. Un peu plus tard, on entendait parler de morts par milliers en Italie. Dans ces conditions, comment allais-je pouvoir encore travailler ? Si je veux aller aux États-Unis, je dois d’abord rester 14 jours en quarantaine… Je suis réaliste. Cette année, côté travail, c’est foutu ».

La crise du coronavirus vous a-t-elle paralysé ?

Gregor Lersch : « Non, j’ai continué à travailler à la maison. J’ai été très prolifique : des techniques pas à pas, des cours en ligne, une deuxième vidéo pédagogique qui sera mise en ligne à la fin du mois de juillet et je vais rester actif encore pendant un certain temps. L’histoire du virus n’est pas encore terminée. Je dois veiller à ce que les gens aient suffisamment de matière à étudier ! C’est peut-être le seul point positif : de nombreuses personnes ont un peu plus de temps aujourd’hui pour affiner leurs techniques d’art floral ».

©Gregor Lersch

Êtes-vous inquiet pour l’avenir du secteur floral  ?

« Oui. Actuellement, je ne suis pas très positif. J’ai déjà un certain âge et j’ai travaillé dur toute ma vie. Je ne suis pas riche, mais je ne suis pas pauvre non plus. Et donc, je peux encaisser un coup. Mais plusieurs de mes connaissances en Amérique du Nord et du Sud, en Australie et en Russie sont vraiment désargentées. Elles ont autre chose en tête qu’acheter mes affaires ! »

« Les livres se vendent encore bien et j’ai personnellement pu le constater. Autrefois, lorsque les magazines déterminaient le marché, tout était beaucoup mieux canalisé. Aujourd’hui, on retrouve sur la toile un grand nombre de vidéos éducatives. Tout le monde publie aujourd’hui quelque chose de sa propre cuisine. Il est donc important de se démarquer. Je veille donc à toujours bien publier de nouvelles créations sur mon compte Instagram et ma page Facebook. Je pense qu’il est important de ne pas aller chercher quelque chose dans mes fonds de grenier. Il est essentiel de publier de nouveaux bouquets ou de nouvelles compositions. Vous voyez, je lève un peu le pied, mais je travaille toujours. » (rires)

Qu’est-ce qui est prévu cet été ?

« Pas grand-chose. On m’a invité en Espagne en septembre, mais cela va-t-il être possible ? Je pars juste en vacances. Les voyages, ce n’est de toute façon pas pour maintenant. On va principalement continuer à travailler en ligne. J’ai enregistré un certain nombre de démonstrations qui apparaîtront sur Internet en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Aujourd’hui, tout est différent. Ces derniers mois, j’ai appris à enregistrer des vidéos, une chose que je détestais auparavant. Il fallait parler à une caméra ? Je rétorquais : “Mettez-moi en contact direct avec les intéressés”. Mais bon, lors d’une journée de tournage dans l’Eifel, je me suis mis à la tâche. J’avais l’habitude de dire “éloigne cette chose de moi”. Aujourd’hui, je prends même un peu de plaisir à jouer avec elle ! »

Tous les amoureux des fleurs ont dans leur bibliothèque un livre de Gregor Lersch. Vous lisez beaucoup ?

« Pour l’instant, je dévore les ouvrages, mais bon, la situation le permet. Ne rien faire ? C’est quelque chose d’impensable pour moi. J’étais toujours soit dans les airs, soit sur les routes ».

Vous avez un ouvrage préféré ? Quel livre vous donne le plus de satisfaction ?

« Écrire des livres, c’est quelque chose d’étrange. On se dit toujours : “Voilà, c’est ça que je voulais” et deux ans plus tard, vous êtes dans un autre courant. Et puis, je me remets à travailler avec des matériaux exclusivement biologiques. Pas de verre, pas de laine, pas de papier. Et là, je suis de nouveau satisfait. Pour moi, le meilleur ouvrage que j’aie écrit, c’est “Wellsprings of my Floristry”. Ce livre n’est plus disponible, mais il a fait sensation. C’est lui qui m’a permis de me faire connaître ailleurs, jusqu’en Asie et en Amérique ».

By Gregor Lersch

D’où vous vient votre passion pour la technicité de la composition florale ?

« Quand vous maîtrisez différentes techniques, vous pouvez sans cesse créer de nouvelles choses. C’est une façon d’évoluer. C’est une façon de créer sans cesse de nouvelles formes ou combinaisons de couleurs ».

Votre créativité est sans fin. Vous réalisez un chef-d’œuvre à partir de quelques fleurs. Existe-t-il une chose que vous puissiez maîtriser encore mieux que la création florale ?

« Il vous manque toujours quelque chose. Quand vous êtes jeune, vous manquez d’expérience. Quand vous vieillissez, vous n’êtes plus aussi rapide ou aussi fort. Le grand bonheur avec l’art floral, c’est que l’âge n’est pas un obstacle à la création. Pour moi, ma plus grande richesse, c’est que je peux sentir instantanément ce que les personnes ou les élèves veulent me demander. Bien que ça, ce soit aussi une question de communication ! J’ai travaillé dans 60 pays et je parle six langues. Je suis beaucoup plus réactif aujourd’hui ».

Peut-on s’attendre à un futur ouvrage ?

« Pas pour le moment. Je me suis arrêté un instant. J’ai trouvé que mon dernier ouvrage était assez authentique : beaucoup de dessins, des photos pleine page,etc. J’ai bien un concept en tête. En fait, tout ce dont j’ai besoin est prêt. (Rires) Je doute simplement que ce soit le bon moment pour sortir des ouvrages. J’en ai déjà produit assez pour lire cet été ».

By Gregor Lersch

Comment voyez-vous l’avenir du monde des fleurs ?

« Le design floral est une forme d’art qui intéresse un grand nombre de personnes. Amoureux comme professionnels. Mais, je vois déjà que de nombreuses personnes décrochent. Un fleuriste va passer moins de temps à faire des compositions spéciales. Tout va être différent. Nous avons tous besoin de nous réinventer un peu ».

« Pour les magasins de fleurs, je ne vois pas les choses sous un jour aussi sombre. D’accord, depuis la crise du coronavirus, l’accent a été mis sur les ventes en ligne et cela continuera d’être le cas. Un retour en arrière n’est pas envisageable, mais je crois qu’avec de la qualité, un bon service et des prix abordables, vous serez toujours attractif ».

« C’est différent pour les designers floraux qui dépendent fortement des événements. Avant la crise, une amie américaine décorait jusqu’à 180 mariages par an. Aujourd’hui, elle n’espère même plus atteindre à nouveau ce niveau un jour. Les mariages vont être beaucoup plus modestes. Les budgets de décorations florales vont être fortement réduits. On va apprendre à vivre sur un plus petit pied ».

Que pouvons-nous vous souhaiter cet été ?

« Une bonne santé, c’est tout. J’ai une partenaire agréable avec qui je peux passer mes journées. Nous avons de gentils enfants. Que demander de plus ? J’espère que cela restera ainsi et que je ne me fatiguerai pas à penser à ce que demain sera ». (Rires)


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