Frédéric Dupré, du paléontologue au fleuriste

Frédéric Dupré – fleuriste de Poilly-Lez-Gien et Meilleur Ouvrier de France – rêvait de devenir paléontologue. Le monde des fleurs n’était pas vraiment un terrain connu pour lui et n’était donc pas sa première vocation.

La perspective d’un parcours professionnel et privé difficile en paléontologie l’a incité à choisir une autre voie et à se tourner vers les études de paysagiste. Mais une fois le diplôme en mains, il a continué à s’interroger sur son choix. Il a donc poursuivi ses études et obtenu un diplôme complémentaire en horticulture.

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Pendant les vacances d’été, il a obtenu un job chez un fleuriste de Gien, son village natal, ce qui lui a permis de comprendre que les fleurs lui offrent vraiment la possibilité d’exprimer sa créativité. C’est alors qu’il a décidé d’apprendre le métier de fleuriste et s’est inscrit à une formation d’art floral en cours du jour. Mais se retrouver sur les bancs de l’école à 20 ans, au milieu d’adolescents de 16 ans, n’est pas chose aisée. Frédéric a donc opté pour une formation pour adultes.

Fleuramour 2019 | Frédéric Dupré (France) ©Els Wouters

L’enseignante se rend vite compte que Frédéric a un énorme potentiel et après 14 jours de formation, elle l’inscrit en secret au concours du « Meilleur Apprenti de France ». De façon totalement inattendue, Frédéric remporte la médaille d’or. Afin de préparer le concours, Frédéric consulte des ouvrages consacrés aux Meilleurs Ouvriers de France ou MOF. Inspiré par leurs œuvres, il se met à rêver de participer lui-même au concours. Avant de décrocher ce titre, il participe à plusieurs autres concours afin d’améliorer ses compétences dans la profession.

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« Ce qui vit au plus profond de moi, je l’exprime avec des fleurs ! » — Frédéric Dupré

UN NOUVEAU TOURNANT TOUS LES TROIS ANS
Après sa formation, il commence sa carrière dans l’entreprise du célèbre fleuriste parisien Gilles Pothier avant de s’installer à Orléans où on lui confie la responsabilité d’un atelier et d’une boutique. Après avoir travaillé sept ans comme employé à Orléans, il décide d’ouvrir son propre magasin à Olivet, au sud d’Orléans.

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Le succès est au rendez-vous, mais Frédéric aime faire les choses en grand et le magasin est trop petit pour cela. Après trois ans, il découvre un beau et grand bâtiment à Bourges où il va pouvoir se faire plaisir et se consacrer aux grandes créations. Mais il n’dahère pas à la ville et au bout de trois ans, il vend le bâtiment, puis se tourne vers l’enseignement international, car il a envie de partager ses connaissances.

À Fleuramour, il rencontre la direction de Sikastone (Chine) qui lui propose d’enseigner chez eux. C’est ainsi que débute sa carrière internationale. Pendant trois ans, Frédéric voyage dans le monde, enseignant en Asie, en Amérique latine, en Europe, etc.

UN NOUVEL AVENIR VÉGÉTATIF
La COVID-19 met cependant soudainement fin à cette carrière internationale en janvier 2019. En effet, l’interdiction de déplacement coupe toutes possibilités d’enseignement. Quant au partage de la créativité via des plateformes en ligne, il relève de l’illusoire. Dans le monde des fleurs, il est extrêmement important d’apprendre à travailler avec tous les matériaux disponibles. Il faut aussi être flexible. Un enseignant peut facilement s’adapter grâce à ses connaissances et à son expérience, mais à distance, cela n’est pas évident.

Quels sont les projets de Frédéric pour l’avenir ?

« Je veux continuer à enseigner, mais le confinement m’a aussi permis de me ressourcer et m’a donné l’envie de changer de carrière pour faire quelque chose de “végétatif” ».

Cela reste encore secret pour l’instant. Nous en saurons sur ses projets prochainement !

LE SENS PROFOND DE L’ART FLORAL
Frédéric a emprunté différentes voies dans le secteur de l’art floral : employé, exploitant de magasin, enseignant… Mais que signifie réellement l’art floral pour Frédéric ?

« Pour moi, l’art floral a une signification très profonde. C’est un mode d’expression. Avec les fleurs, vous pouvez façonner vos sentiments et vos idées, qui sont totalement distinctes des fleurs. Ce qui vit au plus profond de moi, je l’exprime avec des fleurs. Partant de là, j’ai également développé ma propre théorie, qui est en fait très différente des idées des autres fleuristes. L’art floral ne se limite pas à un arrangement linéaire ou parallèle ou à l’application d’un certain style. L’art floral, c’est davantage une forme d’expression avec des fleurs. Quand j’explique ma théorie en Chine, les étudiants sont suspendus à mes lèvres. C’est quelque chose de complètement différent de ce que disent les autres enseignants. C’est ça l’esprit de l’art floral ! »

COMME UNE ÉPONGE QUI ABSORBE TOUT
« J’estime qu’il est essentiel de s’intéresser à TOUT. Il faut laisser travailler les neurones. Votre tête est une éponge qui absorbe tout ce qui vous entoure. Vous pouvez découvrir des choses dans les musées, dans les peintures, etc. Qu’a fait exactement cet artiste ? Comment le ferais-je à sa place ? Mais vous pouvez aussi découvrir des choses en faisant du shopping. La création est comparable à la résolution d’un problème mathématique. Il faut procéder pas à pas et résoudre le problème. Bien sûr, il est également important de connaître toutes les techniques, en particulier les techniques internationales. Chaque pays a ses propres techniques et il est très important de toutes les connaître et les mélanger. Personnellement, j’ai beaucoup de respect pour le travail de Gregor Lersch. Il maîtrise vraiment les techniques. Peter Hess, pour sa part, excelle dans la créativité. Je trouve beaucoup d’inspiration dans le travail d’autres artistes, y compris celui de designers non floraux. Le travail de Salvador Dali, par exemple, est pour moi la crème des crèmes. Je me nourris de son travail et j’y trouve de nombreuses idées. »

Frédéric montre ses compositions florales dans Fleur Créatif !

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