FlowerSense: Quand la fleur se conte en numérique

« Get inspired by FlowerSense » ! Tel est le slogan que Nicolette Hooyman utilise pour attirer l’attention sur sa plateforme florale numérique FlowerSense par laquelle elle entend non seulement réunir les cultivateurs et les fleuristes, mais aussi raconter aux fleuristes et aux consommateurs l’histoire et le capital humain qui se cachent derrière les fleurs.
Cogérante avec son mari Ron de l’entreprise d’import-export FloraPlus, à Aalsmeer, Nicolette Hooyman a créé FlowerSense en 2007. « À l’époque », confesse la cheffe d’entreprise, « l’initiative était trop révolutionnaire. Aujourd’hui, je pense que le marché est mûr et c’est pour cette raison que depuis un an, nous redoublons d’efforts ». Cette idée, Nicolette l’a eue parce qu’elle avait ressenti chez ses clients un besoin d’information. « Aujourd’hui, on ne dispose pas d’assez d’informations sur le produit », estime-t-elle. « Par ailleurs, j’ai ressenti chez les producteurs un besoin de raconter leur histoire. J’ai donc eu l’idée de relier le producteur au fleuriste au moyen de cette plateforme que j’ai baptisée FlowerSense ».

 

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2500 espèces

FlowerSense est une banque de données numérique indépendante dédiée aux fleurs coupées. Aujourd’hui, on y retrouve 2500 espèces. « Je veux présenter l’offre aux fleuristes et surtout leur indiquer où ils peuvent acheter leurs fleurs. Je montre des photos présentant non seulement les fleurs seules, mais aussi dans une application telle qu’on pourrait l’observer chez tout consommateur », explique Nicolette. « J’y ajoute l’histoire du producteur, pas seulement parce que la narration stimule les ventes, mais aussi parce que nous voulons travailler avec des personnes et pas avec des entreprises. Il est, par ailleurs, nécessaire de répéter sans cesse le récit du producteur. Les producteurs ont souvent de superbes brochures sur leurs produits, mais celles-ci n’arrivent pas toujours chez le fleuriste ou chez le consommateur. Je trouve cela dommage ».
Le site web reprend, à côté des produits, des informations sur l’obtention, la couleur, la longueur et le pays d’origine, en plus d’autres informations utiles telles que le moment où doit se produire la taille ou la présence d’un certificat attestant que la production s’effectue dans le respect de l’environnement. Nicolette photographie elle-même les produits. Elle a aménagé un petit studio dans lequel elle a la possibilité de présenter correctement les produits et de les photographier. « En photographiant les produits au même endroit, je peux présenter les produits dans une atmosphère comparable au milieu domestique, ce qui profite aussi à l’harmonie du site web ». Pour les compositions, elle se fait aider par Frank Stam.

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Marché ouvert

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Avec FlowerSense, Nicolette aspire à créer un marché ouvert. « Si le fleuriste sait où il peut obtenir la fleur, il a la possibilité de s’adresser à un fournisseur attitré et celui-ci ne peut pas affirmer qu’il ne dispose pas du produit. Il peut l’acheter auprès d’un producteur, mais le fleuriste aussi peut faire appel audit producteur. Mieux encore, le consommateur qui a trouvé un produit qui lui plaît peut aussi se rendre chez le fleuriste et le demander à celui-ci. C’est là que réside la force de cette idée : les consommateurs et les fleuristes peuvent eux-mêmes demander les produits ».
Outre la création d’un marché ouvert, Nicolette veut aussi partager ce dont elle est fière. « L’internet nous rend fous. J’aimerais revenir à l’essence du produit et je voudrais que les fleuristes se prennent au jeu », explique-t-elle. « Le fleuriste doit se demander : “Mais pourquoi ai-je un jour opté pour cette branche ?”. Il faut que ce sentiment regagne le professionnel. Celui-ci s’est trop longtemps concentré sur l’aspect “commerce” et a oublié l’essentiel suite à la lutte de prix acharnée qu’il mène avec les supermarchés. Faire le mouton de Panurge n’est pas la chose la plus intelligente à faire. Il est préférable d’essayer de trouver quelque chose pour sortir du lot. Autrement dit, le fleuriste ne doit pas se préoccuper du prix, mais bien de la qualité. En racontant l’histoire de la fleur et de son producteur, le fleuriste cultive son savoir et il peut en tirer profit ».
C’est surtout sur la scène internationale que Nicolette aimerait transformer ce puits de science et de connaissance en besoin. « Par-delà les frontières, la connaissance des produits n’est souvent pas aussi grande qu’au niveau domestique. Les fleuristes et les consommateurs ne sont souvent pas bien informés de l’offre et ils dépendent donc de la sélection de leur propre fournisseur. Aux Pays-Bas, le site est aussi suivi de près. Un filtre par couleur et par mois permet aux visiteurs de FlowerSense de composer eux-mêmes une liste de souhaits avec laquelle ils peuvent se rendre chez leur fournisseur et celui-ci ne peut pas affirmer qu’il ne connaît pas le produit ».

Feeling

« Mon objectif est de regrouper sur le site quelque 5 000 fleurs à couper. Pas plus, car autrement le choix sera trop grand pour le fleuriste », explique Nicolette. Mais il est n’est pas facile de sélectionner les 5 000 fleurs qui méritent une place sur la plateforme. Il est difficile de déterminer soi-même les critères de sélection à appliquer. « Je me fie à mon feeling et à mon expérience. De plus, je parle souvent aux personnes de mon entourage. Quand je vais chez le coiffeur, par exemple, je prends des bouquets et je demande aux personnes qui se trouvent dans le salon ce qu’elles pensent. Ou bien je les sonde pour connaître leurs attentes lorsqu’elles entrent dans un magasin de fleurs. Les fleuristes devraient pouvoir faire cela aussi. En effet, s’ils savent ce que le client attend, ils peuvent anticiper leurs attentes. En outre, cette façon de procéder permet de fidéliser le client. Le fleuriste ne doit pas seulement être visible ; il doit oser acheter une atmosphère. C’est la raison pour laquelle je présente les produits dans une application, pas dans de grandes compositions, mais simplement dans un vase de façon à les mettre au niveau de tout un chacun ».
Les visiteurs d’un site web attendent que celui-ci présente une offre. Nicolette en est consciente et elle compte, pour ce faire, sur la collaboration des producteurs. « C’est la raison pour laquelle, quatre fois par an, j’adresse un message aux cultivateurs dont les produits se retrouvent sur la plateforme et je leur demande si leur offre est toujours. Des produits tomberont, mais d’autres s’ajouteront ».

Distinctif
Avec 2 500 produits sur le site, Nicolette a parcouru la moitié de son objectif. Elle veut utiliser les semaines et les mois à venir pour compléter la banque de données. Les fleuristes peuvent participer gratuitement et les producteurs peuvent inclure leurs informations gratuitement. « À l’avenir, il sera sans doute possible d’inclure des annonces publicitaires afin de couvrir les coûts de la maintenance de la plateforme, mais ces publicités devront cadrer avec l’ambiance de la plateforme », estime la conceptrice.
Bien que des informations sur les produits, leurs caractéristiques et leurs fournisseurs sont disponibles sur d’autres plateformes, Nicolette pense que l’approche de FlowerSense est distinctive. « Ici, on ne se concentre pas sur les compositions florales, mais bien sur les fleurs dans leur forme la plus pure et la plus belle. Cette plateforme ne peut que contribuer à renforcer les liens entre les parties ».

Info – flowersense.nl

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