Fleuriste, peintre et sculpteur : Vincent Moens, Flowers & Decorations

Il y a quelques années, nous avons rencontré Vincent Moens (27 ans) dans sa boutique éphémère au cœur de Malines, une initiative de la ville à l’attention des jeunes entrepreneurs. À l’époque, il était très jeune et fraîchement diplômé. Cinq ans et une pandémie plus tard, nous avons retrouvé Vincent, mais cette fois-ci dans son propre magasin dans la Guldenstraat, un quartier de Malines joliment rénové. Vincent se porte bien et est animé par un enthousiasme à toute épreuve.  

Lors de notre première rencontre dans la boutique éphémère, nous n’avions aucun doute à ce sujet : Vincent a beaucoup d’atouts et « en a sous la patte ». Il suffit d’observer l’énergie et le dévouement qu’il dédie à son magasin, dans son environnement très personnel, pour s’en rendre compte. Si vous êtes fan d’expérience et d’ambiance, c’est l’endroit où il faut être !  

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Vincent Moens

DEPUIS LA MATERNELLE

Pourquoi êtes-vous devenu fleuriste ?  

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« En fait, c’est très drôle. Il paraît qu’à la maternelle, je savais déjà que je voulais tenir un magasin de fleurs. Perso, je ne m’en souviens plus, mais ma mère me l’a rappelé à maintes reprises. Il paraît que je cueillais sans cesse des fleurs et des brindilles sur les arbustes du jardin et que je les mettais dans des pots ou des bocaux. J’aimais ça. Cette passion ne m’a jamais quitté ».

Vincent a commencé par faire des études d’étalagiste. Il a fait son stage chez Pieter Porters à Anvers. La passion pour les intérieurs a toujours été en lui aussi. Chez Pieter Porters, il a senti l’envie de se perfectionner dans les fleurs et il a décidé d’étudier l’art floral à Malines. « Je suis très heureux d’avoir conservé la formation classique pour l’art floral. C’est encore la meilleure façon d’apprendre. Aujourd’hui, beaucoup de gens commencent sans avoir fait d’études. Moi, je suis fier d’avoir entamé ces études. Dans deux ans, la section Art floral devrait fermer. C’est bien dommage. Si on continue sur cette lancée, le métier va aussi disparaître, ce qui serait vraiment navrant ».  

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Pendant ses études d’art floral, Vincent recherche consciemment de bons stages. Il est prêt à tout faire, car il veut apprendre et encore apprendre. Il a fait un premier stage auprès de Groene Droom à Anvers, puis un second auprès du fleuriste Raf Verwimp à Lier. « Des expériences fantastiques ! J’ai été accueilli à bras ouverts lors de tous mes stages. J’étais très motivé pour apprendre de nouvelles choses. J’attends la même passion de mes stagiaires ».  

À chaque stage, il acquiert de nouvelles compétences. Il a appris à peindre des meubles auprès de Pieter Porters et les techniques de peinture ainsi acquises, il les utilise encore aujourd’hui.  

MALACHITE

Vincent a peint les murs de sa boutique en imitation malachite. Sur une base vert foncé, presque noire, il a reproduit le motif vert clair en forme d’œil de cette pierre semi-précieuse, avec des mouvements nonchalants. On a l’impression que les cristaux jaillissent du mur, créant une atmosphère mystérieuse et intime. Dans ce décor, Vincent a réalisé un merveilleux mélange de meubles, de très grands vases, de bougies et de fleurs.  

« DANS MA TÊTE, LES FLEURS ET L’INTÉRIEUR FORMENT UN TOUT. UN BEL INTÉRIEUR A BESOIN DE BELLES FLEURS. » – Vincent Moens

« Dernièrement, j’ai trouvé l’inspiration dans la chinoiserie et la Wünderkammer. La chinoiserie est un mouvement artistique du XVIIIe siècle qui captive mon imagination. À cette époque-là, les plantes et les fleurs étaient considérées comme quelque chose de miraculeux. Les fleurs m’ont toujours ému. Chaque semaine, j’attends les nouveaux arrivages avec impatience. Voilà pourquoi j’ai eu l’idée de mettre en lumière ces choses miraculeuses de la nature. Mettre en scène des merveilles de la nature telles que des coquillages, des fossiles et des fleurs spéciales, c’est quelque chose que je trouve fabuleux. À l’époque de la chinoiserie, la malachite était aussi souvent utilisée ». 

Le vase de Delft colossal s’inscrit parfaitement dans le thème de la chinoiserie. Les statues et bustes en plâtre, le tapis, les canapés en tissu et la peinture ancienne sur le mur… tout a été rassemblé avec goût par Vincent. Il a peint une geisha vêtue d’un kimono et d’une ombrelle sur le mur. On dirait qu’elle regarde par-dessus son épaule et qu’elle exerce à nouveau sa fonction originelle de compagne. Notre imagination se déchaîne et c’est exactement ce que cet intérieur nous fait.

« Si je dois mettre un nom sur mon style, je dirais qu’il est baroque naturel. Je n’aime pas quand on dit qu’il est éclectique. Jo Van Dijck, le père de ma meilleure amie, est antiquaire et vit de l’autre côté de la rue. Il nous prête des objets anciens à exposer dans la boutique, comme ce tableau antique. Je lui rapporte les objets plus tard. Nous avons beaucoup de chance d’avoir un tel partenariat. C’est aussi un peintre et un sculpteur et il m’inspire énormément ».  

CADRE DE VIE PERSONNEL

Vincent adore également la sculpture. La sculpture en plâtre, mi-femme mi-lion, a été réalisée sur un coup de tête un dimanche ordinaire. « Ne me demandez pas quelle est son histoire », dit Vincent en riant. « C’est arrivé comme ça ! Elle est inspirée des sphinx classiques composés d’un corps de lion avec la tête et le buste d’une femme ». Tout cela, c’est le monde personnel de Vincent.   

Il n’y a pas que l’intérieur qui soit personnel. En effet, cette personnalité se distingue également par son approche du client. « J’essaie de travailler en tenant compte des besoins du client. Je trouve cela très important. Avant le coronavirus, on a fait beaucoup de mariages. C’est très chouette à faire et c’est bien sûr très personnel, car ce jour-là doit être le plus beau de la vie du couple. Les mariages que nous organisons doivent être extraordinaires. Les gens ne viennent pas ici pour avoir une fleur sur la table. Nous attirons un public très diversifié, des plus jeunes aux plus âgés. Si ce que vous voyez ici vous plaît, entrez dans le magasin. Tout le monde est le bienvenu ».

MASCOTTE 

Vincent ne vend pas de plantes d’intérieur, car le magasin ne s’y prête pas vraiment. Vincent préfère travailler avec des plantes d’extérieur et décorer des terrasses.  

« Notre cœur de métier, ce sont les fleurs et de préférence les variétés spéciales et distinctes ».  

À l’avant du magasin, on retrouve les fleurs coupées, présentées sur un lambrissage orné d’un miroir. Elles sont précédées du comptoir de sorte que lorsque Vincent sert les clients, les fleurs sont derrière lui. Il trouve cela très pratique, car cela évite que les clients touchent les fleurs.  

Le chat de la maison, Velours, nommé ainsi d’après le tissu préféré de Vincent, bondit élégamment sur le comptoir sans toucher un seul vase. « Velours est un chat très sociable. C’est la mascotte du magasin. Il est toujours allongé derrière la vitrine. Tout le monde le connaît. On l’a trouvé dans une station-service. Il était couvert d’huile de moteur. Avec de l’huile pour bébé, nous l’avons complètement retapé et il n’est jamais reparti ».

Nom : Vincent Moens (27 ans)  

Couleur préférée : vert  

« Le vert, c’est le nouveau beige ».  

Fleur préférée :  

« Chaque saison a sa fleur. Il y quelque chose de nouveau à chaque fois et cela me rend vraiment heureux ».  

Style :  

« La couleur ou la combinaison de couleurs est importante. Les couleurs peuvent s’entrechoquer ».  

Hobbies :  

« La peinture et la sculpture. Malheureusement, je n’ai pas toujours le temps de m’y consacrer. Pour être parfaitement honnête, je passe le plus clair de mon temps dans mon magasin. Il m’occupe jour après jour et mon travail prend le pas sur les loisirs ».  

Vorm

Texte : Ingrid Allaerts 

Photos : Joris Luyten 

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