Fleuriste de mariages et d’événements Annelies | « La deuxième vague sera fatale »

Comment vous sentez-vous vraiment aujourd’hui ? Par cette question, notre jounaliste Ingrid Allaerts se tourne cet été vers les fleuristes qui, comme vous, doivent survivre et se réinventer à l’ère du coronavirus. Elle commence cette série estivale sensible, mais poignante, chez une fleuriste très appréciée, spécialisée dans les mariages et les événements : un entretien franc avec Annelies Vansant, l’inspiratrice de l’Atelier Stek. « En ce moment, c’est la tristesse qui domine ».

Sous la dénomination commerciale «Stek», Annelies Vansant soccupe principalement des mariages, des fêtes et des événements. En tant que fleuriste spécialiséeelle a connu des difficultés à l’ère du coronavirusLa rédaction de Fleur s’est rendue dans son atelier et son jardin où elle cultive ses propres fleurs de différentes variétés et couleurs.  

Comment allez-vous, Annelies ? 

«Mon humeur varie d’un jour à l’autre. La crainte de la deuxième vague est une véritable déception. Tout le monde dans le secteur de lévénementiel espérait encore pouvoir sauver la deuxième partie de la saison. Mes revenus proviennent principalement des mariages et sont donc saisonniers. En hiver, j’ai rencontré les couples, préparé des moodboards et établi des offresPour la saison, une ou plusieurs fêtes par week-end étaient prévues au calendrier» 

Annelies Vansant ©Melissa Milis

Quel a été l’impact du confinement sur votre affaire ? 

«Certains mariages ont été postposés à lautomne, dans l’incertitude totale. Peu à peu, on commence à se rendre compte que lannée est presque déjà terminée. Cest difficile pour moi dans différents domaines, tant financièrement que sur le plan de la créativité. Dans mon jardin, avec son abondance de fleurs en été, jorganisais chaque année une journée de cueillette ouverte. Javais vraiment hâte de lorganiser à nouveau cette année, mais à cause de la dégradation de la situation, cela n’a pas été possible.» 

Avez-vous l’intention de vous recentrer un peu ? 

«Jy ai effectivement pensé. Pour dautres, cela peut sembler une étape logique. Pour moi, le secteur du mariage est idéal parce que je peux avoir recours à ma créativité et travailler de manière très personnelle en fonction des envies et des besoins du client. Ce jour représente vraiment beaucoup pour eux. Il n’y a pas si longtemps, il était très populaire de présenter une composition florale suspendue au-dessus de la table et un magnifique fond floral devant lequel le couple se tenait». 

Quelles initiatives avez-vous prises pour survivre ? 

«Jai organisé une vente de bouquets au début du mois de juin, mais ça, cest quelque chose de complètement différent. Je ne me suis encore jamais constitué une clientèle dans ce domaine. Pour les mariages, je travaille dans toute la Flandre. Il faut regarder bien au-delà de la période de transition liée au coronavirus. Pour linstant, c’est la tristesse qui domine» 

« Mon travail a surtout consisté à gérer les crises: réconforter les couples »  —  Fleuriste Annelies Vansant

Qu’avez-vous fait pendant le confinement ? 

« Mon travail a surtout consisté à gérer les crises: réconforter les couples, envoyer et recevoir des e-mails, faire des réservations. Jai également fait preuve de créativité en réalisant moi-même des compositions florales que jai ensuite mises en ligne sur les médias sociaux. Jai senti que les gens avaient besoin de beauté et de positivisme. Ils ont découvert la nature et ont éprouvé un grand besoin dêtre dehorsMoi-même, je me suis rendue dans la nature pour aller cueillir des choses et les intégrer dans mes compositions afin de donner ainsi des idées à ceux qui voulaient s’y mettre chez eux ». 

Comment voyez-vous l’avenir ? 

« À lavenir, je devrais peut-être me concentrer davantage sur les petits événements intimes et travailler avec les fleurs de mon jardin. La créativité reste le plus important pour moi ». 

Avez-vous des conseils à donner à vos collègues ? 

« Personnellement, j’ai besoin de créer et de moccuper de fleurs. En me promenant dans la nature et en appréciant sa beauté, je peux me vider la tête. Pour moi, il est également important de pouvoir partager et rendre les autres heureux. Ce sentiment de pouvoir donner du bonheur à quelquun est une partie importante du travail de fleuriste. Travailler avec ce que jai trouvé dans la nature au moment du confinement ma mise au défi de faire preuve de créativité. Jai essayé de regarder les choses dune autre manière et de faire différentes combinaisons » 

www.atelier-stek.be 

Interview par Ingrid Allaerts

 

 

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