Devenir fleuriste… oui, mais ! Inspirez-vous de l’expérience de Josefien

Vous aimeriez vous reconvertir en fleuriste, mais vous avez des craintes. Vous n’osez pas sauter le pas et travailler à votre compte ? L’histoire de Josefien Goethals peut vous donner le coup de pouce dont vous avez besoin. 

D’un centre d’intégration vers un magasin de fleurs, ce n’est pas l’étape la plus évidente. Et pourtant, Josefien l’a fait. Ses antennes sociales très affûtées, Josefien les doit à son passé d’orthopédagogue. « Je sens rapidement ce que veut le client ! »

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Reportage: Anouk, coach de carrière chez Diaspoor, à découvrir sur ikwilzelfstandigworden.info 

Mifleur, qu’est-ce exactement ? 

« Mifleur est un atelier floral : nous nous chargeons de la décoration lors d’événements, nous réalisons des plantations d’intérieur, nous organisons des ateliers et nous vendons des abonnements floraux, tant pour les particuliers que pour les indépendants et les entreprises. Depuis le confinement, je vends davantage de bouquets individuels et de fleurs séchées via la boutique en ligne. C’est délibérément que j’ai pris la décision de créer une boutique en ligne plutôt qu’une boutique physique. Les heures d’ouverture ne m’auraient pas permis de poursuivre ma vie sociale ». 

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Josefien Goethals de Mifleur

D’où vous est venue l’idée de travailler en tant que fleuriste ? 

« En 2013, mon mari et moi, nous nous sommes mariés. En travaillant avec un fleuriste, j’ai pris conscience que j’allais clairement dans cette voie, mais que je n’étais pas encore tout à fait prête. Ma mère et ma grand-mère étaient très créatives. Elles avaient le sens des couleurs et des matériaux naturels et savaient rendre tout lieu accueillant, même avec peu de possibilités. J’ai donc été imprégnée de cette culture, dès le plus jeune âge. De nombreux enfants sont heureux de faire des bouquets et en ce sens, on peut dire que j’ai gardé mon âme d’enfant ». 

Parlez-nous de votre parcours. 

« J’ai suivi une formation de fleuriste et quelques cours à l’étranger. Ensuite, j’ai commencé à travailler en tant qu’indépendant dans des magasins de fleurs classiques. La Belgique est au top du design floral. J’ai donc saisi ma chance d’accompagner des fleuristes de premier plan lors d’événements (à l’étranger). Et pour cela, j’ai dû faire le grand saut : je suis allée vers eux et je leur ai demandé s’il restait de la place dans leur équipe. Un réseau et un bon maître ont été très importants pour que je puisse me lancer ». 

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Josefien Goethals

Pourquoi avoir choisi de commencer à travailler en activité complémentaire ? 

« En 2014, j’étais enceinte de notre deuxième enfant. Je travaillais et je poursuivais parallèlement mes études. J’ai donc voulu y aller petit à petit. Je voulais d’abord savoir si j’avais le talent pour le faire et ce que cela impliquait. Après tout, je n’avais pas de formation économique et mes parents n’étaient pas indépendants. Mais plus je mûris, plus je crois que tout viendra quand il le faudra ». 

Quel a été le déclic pour devenir indépendante à titre principal ? 

« La combinaison ne fonctionnait plus : c’était devenu trop. J’ai dû renoncer à d’autres facettes de ma vie. Il faut toujours trouver un équilibre ». 

Que faisiez-vous avant de devenir indépendante ? 

« J’ai travaillé pendant 11 ans au Centre d’intégration pour personnes en séjour illégal de Gand. Je me suis occupée à la fois du travail politique et de l’assistance de première ligne au groupe cible et j’ai organisé plusieurs projets créatifs, tels que la Journée mondiale des réfugiés à Gand »

C’est tout à fait autre chose ! 

« Notre devise est la suivante : “MiFleur vous aide à raconter votre histoire avec de la verdure et des fleurs”. Je sens les gens très rapidement. Je sais où ils veulent aller et je le traduis en fleurs. Je pense que cela vient de ma formation pédagogique. Pour moi, c’est une évidence, mais je constate que les gens sont étonnés que quelque chose comme ça soit vraiment possible : raconter une histoire avec des fleurs ». 

MiFleur de Josefien Goethals ©Studio Loupe

Comment avez-vous vécu la crise du coronavirus en tant que cheffe d’entreprise ?

« À cause du coronavirus, un grand nombre d’événements ont été annulés. Je travaille donc plus pour l’entreprise de mon mari. Guerill est une entreprise d’aménagement de jardins et est déjà un peu plus connue que Mifleur. C’est quelque chose que je peux comprendre. Je suis contente qu’il ne vende pas de cuvettes de toilettes ! (Rires) Nous avons une vision assez similaire : nous sommes des passionnés du monde végétal. Pendant les promenades, nous nous arrêtons pour regarder de plus près les plantes, même si nous sommes avec de la famille ou des amis ». 

Quels sont les pièges de l’entrepreneuriat créatif ? 

« Il faudrait que je puisse consacrer plus de temps aux formations. J’étudie beaucoup en autodidacte, mais c’est tellement plus agréable de participer à un atelier ou à une retraite entre fleuristes. Vous êtes à l’étranger, vous apprenez avec des personnes qui partagent les mêmes idées que vous. Votre réseau s’élargit et dans le même temps, vous faites ce que vous aimez. Dans un autre sens, l’aspect commercial est aussi important. Si vous ne disposez pas d’un solide coussin financier, la créativité ne suffit pas pour vous en sortir. Si je ne faisais que ce que j’aime, cela ne marcherait probablement pas. J’envisage cependant de travailler avec un assistant virtuel. Ces personnes adorent faire ce qui me crispe. Et ils le font beaucoup plus rapidement ». 

Comment ont réagi vos proches lorsque vous leur avez annoncé votre décision de travailler à votre compte ? 

« Mon mari et moi en avons longtemps parlé. Deux indépendants avec des enfants relativement petits… Mes parents, quant à eux, n’avaient aucune crainte. Adolescente, j’étais très passionnée. Ma mère m’a toujours laissé faire parce qu’elle sait que tout finit par marcher ». 

Trouvez un équilibre entre l’exutoire créatif et le gagne-pain ». 

Que conseilleriez-vous aux débutants ? 

« Utilisez votre réseau, même si ces personnes ne font pas partie du secteur dans lequel vous débutez. Demandez-vous qui peut vous aider. Posez des questions. C’est ainsi que votre entreprise prendra forme. Apprenez à déléguer. Essayez aussi de trouver un segment niche pour accroître la visibilité de votre offre pour le client. Je suis encore en train de le chercher moi-même. C’est difficile, car j’aime tout. Trouvez un équilibre entre l’exutoire créatif et le gagne-pain, car vous avez des factures à payer chaque mois. Faites aussi le tour de l’offre de formations et de cours pour indépendants. Bryo, par exemple ». 

Quelles qualités faut-il avoir pour travailler en indépendant ? 

« La connaissance de soi, la perspicacité ou quelqu’un qui vous complète dans ce domaine. Les indépendants qui m’entourent sont aussi de vrais fonceurs et des passionnés. Vous devez aimer ce que vous faites, car cela se ressentira dans ce que vous offrez ». 

www.mifleur.be

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