Bluet, le commerce équitable au cœur de Gand

Après des années de recherche du bon cap, le fleuriste Daniël Deprez a établi ses quartiers à Gand où il a monté sa propre entreprise, construit son propre monde et développé sa propre philosophie. C’est l’histoire d’une passion pour les fleurs et les plantes cultivées de manière durable ; une histoire en constante évolution, faite d’évolutions que l’intérerssé analyse et suit avec attention.

Daniël Deprez ©Joris Luyten

Carrière

Daniël Deprez a étudié à Melle et à Courtrai. Il a ensuite décroché un premier stage dans une jardinerie, suivi d’un emploi pendant deux ans. Changeant ensuite de cap, travaillant à temps partiel comme indépendant et à temps partiel au magasin de fleurs Papaver à Gand.

En tant qu’indépendant, Daniël s’est spécialisé dans l’organisation d’ateliers d’art floral et de culture d’herbes aromatiques. Fort de cette expérience, il a créé son propre magasin à Kruishoutem. Son parcours a ensuite pris la direction de Ronse où il a transformé l’une des maisons de Horta en chambres d’hôtes, organisant des visites guidées dans le jardin spécial de la maison. Peu à peu, réagissant à une demande décroissante en ateliers d’art floral, Daniël a développé ses ateliers de cuisine qui étaient plus tendance. « Mon ambition n’était pas tant l’art floral. J’ai par ailleurs constaté que la demande régressait. Ces ateliers étaient devenus davantage une distraction pour les dames et ils ne me procuraient pas beaucoup de satisfaction personnelle ».

En 2008, la crise économique a mis un terme à la rénovation du B&B de Renaix. Le moment était venu d’écrire un nouveau chapitre à Anvers, cette fois, où Daniël a travaillé chez Groene Droom pendant trois ans. « Groene Droom avait un point de vue tout différent. Leur approche était plus commerciale. Or, je n’avais encore jamais travaillé dans le commercial. En réalité, j’étais tout le contraire d’un commercial. Ce fut une bonne école pour moi, mais j’ai décroché rapidement afin d’être fidèle à moi-même. Chez Groene Droom, ma tâche consistait essentiellement à réaliser de grands projets tels que les mariages, la décoration de terrasses et la mise en place de plantes d’intérieur chez les clients. Ce sont des tâches que je fais ici aussi, mais à Anvers la clientèle et la mentalité sont très différentes de ce que je trouve à Gand ».

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Gand

Il y a cinq ans, Daniël a déménagé et s’est installé à Gand, tout d’abord dans un petit bâtiment, puis, depuis trois ans, sur la Sint-Baafsplein au cœur de la ville. Daniël avait eu vent de la libération proche d’un bâtiment historique et il a sauté sur l’occasion. Un dentiste occupait cet endroit auparavant et il louait les étages supérieurs.

Les planchers de l’étage supérieur avaient bien vécu et le bâtiment portait les cicatrices de douloureuses rénovations. « Mais ces interventions font partie de l’évolution d’un bâtiment. C’est pour ça que j’ai conservé ces cicatrices ». Lorsque Daniël a enlevé les faux murs et le plafond dans l’ancien cabinet, les murs sont apparus complètement nus. Tous les éléments d’origine avaient disparu. Les murs nus et rugueux ont constitué le point de départ du nouvel intérieur.

Spirale et nombre d’or

Daniël Deprez a couvert les murs bruts, çà et là, de mousses. Le plafond d’origine était fortement endommagé et il n’a pas pu sauver. Il n’était pas possible d’utiliser des plaques de plâtre pour la finition. À titre d’alternative, Daniël a opté pour une finition en panneaux d’OSB qui permettent d’accrocher facilement certaines choses. Le plafond est sublime. Des centaines de pots de fleurs en terre cuite sont vissés dans des panneaux de bois, ce qui représente aussi une centaine d’heures de travail. Un dessin faisant référence à Fibonacci, un mathématicien italien du XVsiècle, y a également été intégré. Fibonacci a découvert que dans la nature tout part de la spirale, même la plus petite graine. Dans la nature, le carré n’existe pas. Voilà pourquoi on peut observer sur une partie du plafond un motif en spirale et sur une autre, le nombre d’or. Aujourd’hui encore, le nombre d’or est une source d’inspiration pour de nombreux artistes. Le plafond symbolise le fonctionnement de Bluet : l’utilisation de matériaux naturels.

Un monde et une philosophie propres

Cela vous manquait d’avoir votre propre affaire. En quoi est-ce si important d’avoir sa propre affaire ?

« Mon affaire, c’est mon environnement et ma philosophie. Si vous travaillez pour un patron, vous devez vous identifier à la philosophie de son entreprise. J’ai appris que l’aspect commercial est également important. On apprend avec amertume que les marges sont importantes, mais pour moi, les marges restent un instrument. J’ai besoin de travailler la matière, les fleurs, les plantes jusqu’aux pots et aux vases. Tout ce que nous vendons doit être un beau produit à tous égards et agréable à travailler. Je pense également qu’il est important de savoir comment est fabriqué l’objet que vous vendez, d’où il vient et qui l’a fabriqué. Cela s’applique aussi aux fleurs et aux plantes. Nous sommes pleinement engagés envers le développement durable. Nous travaillons, par exemple, en collaboration avec des producteurs qui s’investissent consciemment dans la culture bio de fleurs et de plantes. Heureusement, le nombre de producteurs qui cultivent de cette façon est en augmentation. Des labels permettent aussi de voir rapidement si les producteurs respectent les normes environnementales et cultivent correctement. Il y a aussi de plus en plus de producteurs bio ».

La provenance des fleurs est importante pour vous ?

« Évidemment ! Je n’achète jamais en dehors de l’Europe. Je vérifie aussi que les producteurs ou fournisseurs ont un label de commerce équitable. Je n’achèterai jamais de roses en Éthiopie ou en Équateur parce que je sais que les gens là-bas sont exploités et n’obtiennent pas le juste prix ».

Pouvez-vous gagner votre vie ici avec votre admirable connaissance des herbes et des plantes ?

« Nous avons créé un grand nombre de terrasses et de jardins urbains dans le centre de Gand et ses environs. Ma connaissance des plantes m’a été très utile. Je remarque que cela fait souvent défaut. Les entrepreneurs en jardinage reçoivent une formation technique. Or, tout commence par la base. Ces personnes ont la capacité technique de travailler à l’extérieur, mais ils n’ont encore ni l’intérêt ni la passion pour les plantes qui sont des éléments indispensables ».

Comment avez-vous acquis ces connaissances ?

« Les plantes, les fleurs et les herbes ont toujours été ma passion ; une passion qui a exigé énormément de temps et d’intérêt. Ma passion s’est développée au fil du temps. En fait, elle a commencé quand j’avais 10 ou 12 ans. À la maison, je voyais souvent ma mère travailler dans le jardin. Jadis, les échanges entre amateurs de jardins étaient fréquents. Plus tard, les gens ont eu la possibilité de compléter leur jardin en faisant des achats auprès de jardineries. Dès l’apparition de la répartition du territoire en parcelles, la demande en jardiniers a crû et c’est celui qui aménageait le jardin qui avait son mot à dire dans le choix de ce que l’on y trouvait. À cette époque, le choix se portait souvent sur de grandes pelouses ».

Et aujourd’hui, avez-vous encore du temps pour développer vos connaissances ?

« Entre-temps, j’ai tellement évolué que les producteurs et cultivateurs connaissent mes intérêts. Ils me préviennent quand ils ont quelque chose de nouveau. J’obtiens beaucoup de nouvelles plantes et fleurs de cette façon. Je n’ai par contre plus le temps de prendre la route et de rendre visite aux producteurs et cultivateurs ».

Jardins

La passion pour les arbres, les fleurs et les plantes se ressent très fort chez Daniël. « Les arbres fournissent de l’oxygène et de la nourriture au sol. Ils créent de l’ombre sous laquelle poussent d’autres espèces végétales. Chaque jardin a sa propre stratification. Si cette stratification n’existe pas, vous devez penser différemment, ce qui limite les possibilités de plantation. Et sur le plan structurel aussi, cette stratification donne un monde complètement différent. Il faut penser en se projetant des années dans le futur. Pour s’en rendre compte, il faut être botaniste. Les profanes ne le voient pas ».

Parvenez-vous à transmettre cette connaissance aux clients ?

« Parfois oui, parfois non. Mes jardins sont différents. C’est une vision qui porte sur des années et pour un non-initié, elle est difficile à acquérir. On parle d’évolution naturelle. Mais mon travail s’arrête après l’aménagement du jardin. Nous ne disposons pas du personnel nécessaire pour suivre le jardin à plus longue échéance. Les personnes qui font l’entretien après nous devraient avoir la même philosophie que nous. Ce qui est une fleur pour moi peut être une mauvaise herbe pour quelqu’un d’autre ».

« Les gens veulent des fleurs dans leur jardin de mai à novembre. Je peux le comprendre et j’en tiens compte, surtout dans les petits jardins urbains dont la taille est limitée. Il faut en outre s’assurer que toutes les saisons sont représentées et de préférence sur une plus longue période de temps ».

>> bluet.be


Texte : Ingrid Allaerts

Photographie : Joris Luyten

 

 

 

 

 

 

 

Bluet – Daniël Deprez

 

ZAAK OP ORDE

 

Verschuivingen en evoluties

 

Het aspect interieur is een groeiend verhaal. Planten worden een deel van het interieur. Het zijn sculpturen in de ruimte geworden. Ze zijn veel meer dan louter groenvulling. Alles komt terug.

 

We zitten aan een lange tafel gemaakt van een volledige schijf van een boom. Het is geen inheemse houtsoort – vernemen we tijdens het gesprek – maar een tropische houtsoort ‘Sipo’. Het blad is blank en ruw gelaten. Errond staan glazen krukjes van Henry Dean. Op de tafel staan mooi glaswerk en potten uitgestald en een kijkboekje in zakformaat van Atelier Vierkant. Van de droge en holle stengel van een reuzebereklauw is een lamp gemaakt. Een kale tak- en wortelstructuur van een conifeer krijgt een tweede leven als sculptuur, nadat de struik gezandstraald werd en een jaar in een vries bad moest onderduiken.  De blanke structuur vormt een mooi accent in een interieur.

 

Interieur

 

“Het aspect interieur is een groeiend verhaal. Meer en meer krijgen we de vraag om langs te komen als een groot deel van het interieur gemaakt is. We kijken waar welke plant kan geplaatst worden en in welke pot zodat de planten passen in het geheel. Planten zijn een sculptuur in de ruimte geworden en zijn veel meer dan louter groenvulling. Er wordt op een heel andere manier naar planten gekeken. Planten worden een deel van het interieur. Zo stel ik vast dat wat ik doe begint te verschuiven naar mensen en hun interieur. Het gaat veel verder dan ik wil een plant.”

 

Komen daar dan ook meubelen bij?

“Niet echt want ik vind dat mijn kennis daarin beperkt is. Ik ben geen interieurarchitect en ik heb geen kennis over materialen. Ik heb voldoende ideeën en ik weet hoe je een interieur kan maken en met materialen spelen. In mijn winkel doe ik mijn eigen ding maar dat is dan mijn eigen keuze.”

 

Evoluties

 

“Alles evolueert en zelf evolueer je ook. Momenteel zijn veldboeketten in. Het is een mode geworden. Toevallig past dit heel goed in waar wij mee bezig zijn. Vroeger maakte ik bolle boeketten met natuurlijke bloemen. Nu mogen het wat lossere, wilde boeketten zijn. Je moet je creaties ook een breder publiek kunnen aanbieden. Ik hou niet van nichemarkten. Voor mij moet het veel ruimer gaan zonder dat ik mensen wil opvoeden of te belerend wil zijn of een oordeel wil vellen over iemand die het anders doet. Ik wil tonen dat het ook op een andere manier kan. Dit is een natuurlijk materiaal en we kunnen daar even toffe dingen meedoen. Bij ons is ook niet alles bio maar het moet wel op een correcte manier gekweekt zijn, met de juiste achtergrond. Dat is belangrijk voor mij.”

 

Toekomst

 

Hoe ziet de toekomst van floristen eruit?

“De tijd is voorbij om een bloemenwinkel te starten in de zoveelste winkelstraat en dan te denken dat je vertrokken bent. De particulier koopt geen bloemen meer. Dat is gedaan. Mensen kopen nog bloemen voor zichzelf maar geven daar geen budget aan. Ze kopen wat lossen bloemen om die vervolgens gestileerd in een vaasje te zetten. Maar als je daarop moet wachten. Het is leuk als dat erbij komt maar niet voldoende om je zaak draaiend te houden. Gent is een kleine stad of een groot dorp. In vergelijking met Antwerpen waar je – dankzij de nabijheid van een wereldhaven – veel meer bloemenabonnementen hebt dan in Gent. Daar zit een veel groter potentieel.”

 

Is daarom de locatie hier belangrijk?

“Op zich is het een atypische locatie want onze winkel is niet gelegen in een winkelstraat. We zitten daar eigenlijk volledig los van. Wat we hier extra hebben is het toerisme. Er komen ontzettend veel toeristen langs. Soms is dat interessant. Vooral dan toeristen die naar Gent op city trip komen zijn interessant. Mensen moeten het hier echt wel ontdekken. Dit is een totaal ander verhaal dan een winkelstraat als locatie waar mensen tientallen prikkels naast elkaar krijgen. Gent moet opletten dat het centrum niet te toeristisch wordt. Het stadsbestuur heeft daar een verantwoordelijkheid in. We moeten vermijden dat er alleen maar koffiebars, hamburgertenten en souvenirshops komen. Jonge zelfstandigen die iets anders, iets origineel en kleinschalig willen brengen, moeten ondersteuning krijgen.”

 

De hoek met verse snijbloemen is niet bijzonder groot?

“We hebben geen massa snijbloemen staan. We proberen ons publiek daarin op te voeden. Je hoeft geen vijf soorten rozen in vijf verschillende kleuren aan te bieden. Je gaat naar een bepaalde winkel omdat je gelooft in wat die mensen maken om daar dan een boeket te kopen. We werken puur met seizoensbloemen.”

 

De plantenverkoop zit in de lift. Hoe is de verhouding snijbloemen versus planten?

“20 à 25% is bloemen en 75% is planten. In de jaren negentig werden er geen planten in huis gezet. Geen binnenhuisarchitect die met planten werkte. Hoe minder planten hoe beter, klonk het. Als er al planten in huis werden gezet, waren het drie identieke plantjes op een rij. Na veertien dagen werden ze weggegooid en kwamen er drie nieuwe in de plaats. Er zijn veel planten uit grootmoeders tijd die opnieuw heel populair zijn. Hoe bonter gekleurd de bladeren, hoe liever. Dat evolueert ook weer. Drie jaar geleden moest je zoeken naar een pannenkoekenplant. Alles komt terug en wordt opnieuw populair. De vraag naar cactussen neemt intussen weer af. De vraag naar succulenten en naar aparte, exclusieve planten stijgt. Die interesse groeit. Mensen zijn op een andere manier bezig met planten en gaan er zelf naar op zoek op het internet. Het is enorm wat ze allemaal te zien krijgen.

We werken voor de verdeling van onze planten ook samen met interieurwinkels of de zogenaamde belevingswinkels waar van alles aangeboden wordt gaande van kledij, accessoires tot planten. We volgen die wereld en het leert ons dat daar planten gekocht worden op een andere manier. In onze winkel komen mensen die per definitie plantenliefhebbers zijn. In een interieurwinkel kopen mensen een plantje omdat ze op dat moment een coup-de-foudre hebben met het plantje en de prijs goed zit. Ze waren niet specifiek voor dat plantje gekomen. Dat is een heel andere benadering. Het leuke is dat we daardoor planten binnenbrengen in de leefwereld van die mensen. Je bereikt op die manier een heel ander publiek.”

 

Terrariums zijn nu heel erg in?

“Terrariums zijn inderdaad populair. Bewust tonen we ze niet in de winkel. Het zijn momentopnames, een mode uit de jaren zeventig. Alles komt terug. Terrariums zijn niet duurzaam. De plantjes kunnen niet blijven leven in een bokaal en gaan dood na verloop van tijd. Het is niet echt een duurzame keuze en hoort daarom niet thuis in onze winkel. Het is een heel andere doelgroep die hiermee bezig is. Deze markt spreken we aan via de interieurzaken waar we mee samenwerken.”

 

 

 

 

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