Au nom du père et du fils: le magasin ‘The 4 Seasons’

Après 25 années d’établissement au même endroit, le magasin de fleurs The 4 Seasons a déménagé vers le centre-ville de Tongres au début du mois de septembre. Même dans ses rêves les plus fous, le gérant, Sven Hansen, n’avait jamais envisagé que le succès prendrait de telles proportions. « Mon père et moi, nous formons une équipe très soudée. »

Tongres, une ville bien connue pour son marché aux antiquités le dimanche et son musée gallo-romain, est dotée de nombreux bâtiments historiques. Bien qu’il n’en soit pas originaire, le fleuriste Sven Hansen est très fier de la ville où il travaille depuis si longtemps. « Saviez-vous que Tongres est la première ville de Belgique grâce à son passé romain ? »

L’artère commerçante, la Maastrichterstraat, abrite de beaux bâtiments. Au moment de notre visite, l’une des dernières maisons canonistes restantes – la maison natale du journal Het Belang van Limburg – est en cours de restauration. La tour carrée de la basilique Notre-Dame domine les maisons, tandis que la statue d’Ambiorix se dresse fièrement au centre de la grand-place.

Perroquet

Depuis le 7 septembre, Sven Hansen a emménagé dans le nouvel édifice qui abrite désormais le magasin The 4 Seasons. L’inauguration a été une véritable surprise. Le déménagement avait été annoncé via Facebook deux mois auparavant.

Je comprends directement ce qui fait le succès de Sven dès que je mets le premier pied dans le magasin. Les plantes exposées et les supports sur le trottoir éveillent ma curiosité. Mon enthousiasme est immédiatement nourri par la beauté des couleurs de la gamme de fleurs coupées présentées. Quel océan de couleurs !

Les fleurs sont également exposées devant un mur peint décoré d’un perroquet géant au milieu d’une jungle de feuilles vertes. Chaque fois que des fleurs sont vendues, le mur découvre un peu plus le perroquet aux couleurs vives. Ce perroquet, c’est l’œuvre du graffeur Billie Broekmans, exerçant sous le nom d’artiste Aces.XQZ. « C’est mon cousin. Je lui avais demandé de faire quelque chose avec ce mur. Sur la base de quelques photographies, j’ai suggéré de peindre éventuellement un papillon ou un petit colibri. J’ai eu un vrai choc quand je suis tombé sur ce perroquet qui me regardait avec ses yeux brillants et son grand bec ! »

Accrocheurs

La peinture murale fait entre-temps son effet et attire de nombreuses personnes curieuses, notamment les touristes qui veulent la prendre en photo. Dans la cuisine, l’artiste a dessiné le profil d’un homme en train de pulvériser. Dans sa main, il ne tient cependant pas un aérosol, mais bien un extincteur.

Un autre élément frappant est le long comptoir en Scrapwood. Ce bois de recyclage provient de hangars à bateaux et de cabines de plage récupérés à Bali. Il a été transporté ici et transformé en panneaux. Les nombreuses nuances de couleurs et la patine du bois rappellent ces abris chargés d’histoire. Le plan de travail est composé de grands carrelages et le mobilier est mis en évidence dans le bas par un éclairage LED vert. Le comptoir a été fait sur mesure. Grâce à sa longue expérience professionnelle, Sven savait exactement à quels critères devait répondre un comptoir pleinement fonctionnel. Un écoulement d’eau sur le plan de travail permet de recueillir l’eau, tandis que l’arrière abrite un espace réservé aux déchets verts et quelques tiroirs pratiques. Tout a été pensé jusque dans les moindres détails.

 

Touche industrielle

En dehors des éléments accrocheurs que sont la peinture murale et le comptoir, mon attention est attirée sur des éléments d’inspiration industrielle tels que de solides lampes antiques. Il s’agit de vieilles lampes de bunkers russes que Sven a pu dénicher sur le marché des antiquités.

Une petite pièce abritant la cuisine est séparée de l’espace vente. La cloison a un look industriel moderne. Elle est inspirée du système typique de serres tunnel dans lesquelles les viticulteurs flamands cultivent le raisin. Le mur de verre, encadré par un listel enduit, se compose de plaques de verre distinctes. Chaque image repose sur la précédente au moyen d’un jeu de crochets.

Quatrième génération

L’immeuble loué par Sven était complètement vide. Tout était à faire : les murs, les plafonds, le sol, l’électricité et le chauffage. « Nous avons tout fait nous-mêmes. Nous avons posé un nouveau sol avec le concours d’un carreleur. Nous avons créé des murs et installé un éclairage. Je suis très fier du résultat final. »

Sven n’est pas seulement créatif ; il est aussi très habile de ses mains. Sa formation d’électromécanicien y est pour quelque chose. Mais comment une personne avec un tel bagage devient-elle un fleuriste prospère ? » Je suis la quatrième génération de fleuriste. Mon arrière-grand-père, mon grand-père et mon père étaient également dans le métier. Les plantes sont profondément inscrites dans mes gènes. Mon père a vendu des fleurs et des plantes sur les marchés pendant trente ans. À un certain moment, il a créé une jardinerie. J’avais 17 ans et j’étais étudiant en électromécanique. J’aimais bien cette branche, mais comme j’ai grandi parmi les fleurs et les plantes, j’ai opté pour ces dernières. »

« La jardinerie est devenue trop grande et j’ai alors décidé d’ouvrir un magasin de fleurs avec mon père à Tongres. Nous avons trouvé un vieil immeuble qui abritait une pizzeria dénommée “4 Stagioni” (NDR : les 4 saisons). Vous voyez le lien avec notre dénomination ? Le bâtiment a changé d’affectation, mais pas vraiment de nom puisque nous avions depuis longtemps décidé d’appeler notre magasin “The 4 Seasons”. »

 

Vader Jeff en zoon Sven Hansen ©Fleur Magazine/Joris Luyten

Un millier de plantes

« Le magasin a de grandes vitrines. Je pense que j’ai des idées d’exposition dans ces vitrines pour vingt ans au moins. La flamme pour les affaires est ranimée. Après tant d’années, vous finissez par sombrer dans l’habitude et par fonctionner en pilote automatique. Aujourd’hui, je dois à nouveau penser à tout. Grâce à cette nouvelle impulsion, le magasin a pris un nouveau tournant. »

« Je tiens à remercier mes parents pour ce que je peux faire aujourd’hui. C’est un peu comme s’ils m’avaient offert la boutique, même si je l’ai fondée avec eux. Avec mon père, j’ai traversé des eaux troubles. Nous formons une équipe très soudée. Aujourd’hui, après 25 ans, les habitants de Tongres parlent des “Fleurs de Jeff” et m’appellent souvent Jeff au lieu de Sven ! »


Texte : Ingrid Allaerts
Photos : Joris Luyten

 

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